Il n’y a plus d’excuses. Soit vous rejoignez les protestations qui se
déroulent à Wall Street et dans les quartiers financiers d’autres
villes du pays, soit vous vous retrouverez du mauvais côté de
l’histoire. Soit vous vous élevez, de la seule manière qui nous est
laissée, c’est à dire la désobéissance civile, contre le pillage opéré
par la classe criminelle de Wall Street et contre la destruction de
l’écosystème qui permet l’existence de la race humaine soit vous devenez
un complice passif d’un crime inouï. Soit vous goûtez à la liberté et à
la révolte et vous vous laissez séduire par leurs parfums, soit vous
sombrez dans le désespoir et l’apathie. Soit vous êtes un rebelle, soit
vous êtes un esclave.
Etre considéré comme innocent dans un pays
où le droit ne signifie plus rien, où les entreprises privées ont pris
le pouvoir par un coup d’état, où les pauvres et les travailleurs des
deux sexes sont réduits au chômage et n’ont pas assez à manger, où la
guerre, la spéculation financière et la surveillance intérieure sont les
seules occupations de l’état, où il n’y a plus d’habeas corpus, où
vous, en tant que citoyen, n’êtes rien de plus qu’un outil aux mains des
puissances du privé, un outil qu’on utilise puis jette, c’est se
montrer complice de ce méfait épouvantable. Rester sur la touche en
disant : « Je suis innocent » c’est porter la marque de Caïn ; c’est ne
rien faire pour aider les faibles, les opprimés et ceux qui souffrent,
c’est renoncer à sauver la planète. Etre considéré comme innocent dans
une époque comme la nôtre, c’est être un criminel. Demandez à Tim
DeChristopher.
Choisissez mais décidez-vous vite. L’état et les
puissances privées sont déterminés à écraser la révolte. Ils
n’attendront pas après vous. Ils ont trop peur qu’elle ne s’étende. Ils
ont de longues phalanges de policiers à moto, des files de paniers à
salade, des fantassins pour vous pourchasser dans les rues avec des gaz
lacrymogènes et des filets de plastique orange. Ils ont érigé des
barricades de métal dans toutes les artères qui mènent au district
financier de New York où les mandarins vêtus de costumes de chez Brooks
Brothers se servent de l’argent qu’ils vous ont volé pour jouer et
spéculer et se gaver pendant qu’un enfant sur quatre à l’extérieur de
ces barricades dépend des bons alimentaires pour se nourrir. La
spéculation était interdite au 17ième siècle. Les spéculateurs étaient
pendus. Aujourd’hui ce sont eux qui dirigent l’état et les marchés
financiers. Ils répandent des mensonges qui polluent les ondes. Ils
savent, bien mieux que vous, que la corruption et l’escroquerie ont tout
imprégné, que le système est entièrement contre vous et que le secteur
privé a mis en place une petite oligarchie encadrée de politiciens,
juges et journalistes complaisants qui habitent derrière les grilles de
leur petit Versailles pendant que 6 millions d’Américains sont jetés à
la rue, et il y en aura bientôt 10 millions, qu’un million de personnes
par an sont incapables de payer leur notes de soins, que 45 000
personnes meurent par manque de soins, que le chômage tourne autour de
20%, que les citoyens, y compris les étudiants se débattent pour
rembourser leurs emprunts avec des petits boulots sans avenir, quand ils
ont du travail, dans un monde sans espoir, un monde de maîtres et de
cerfs.
Le seul mot que le secteur privé connaisse est « plus ». Il
est en train de détruire tous les derniers programmes sociaux financés
par les contribuables, de l’éducation à la sécurité sociale pour se les
approprier et en tirer profit. Qu’importe si les malades meurent ; si
les pauvres n’ont pas assez à manger ; si des familles entières sont
jetées à la rue ; si les chômeurs pourrissent ; si les enfants des
terrains vagues des villes et des campagnes n’apprennent rien à l’école
et vivent dans la misère et la peur ; si les étudiants ne trouvent pas,
et ne trouveront jamais, de travail à la fin de leurs études ; si le
système carcéral, le plus important du monde industriel, s’agrandit pour
contenir tous les dissidents potentiels ; si la torture continue ; si
les enseignants, les policiers, les pompiers, les postiers, et les
travailleurs sociaux rejoignent les rangs des chômeurs ; si les routes,
les ponts, les barrages, les digues, le train, le métro, les autobus,
les écoles et les bibliothèques s’écroulent ou ferment ; si le
réchauffement climatique de la planète, les phénomènes climatiques
anormaux, les ouragans, les orages, les inondations, les tornades, la
fonte des glaciers polaires, l’empoisonnement des nappes phréatiques, la
pollution de l’air augmentent et mettent toutes les espèces en danger.
Qui
s’inquiète de tout cela ? Si les actions de ExxonMobil, de l’industrie
du charbon ou de Goldman Sachs montent, la vie est belle. Le profit, le
profit, le profit. Voilà ce qu’ils chantent derrière leurs barricades de
métal. Leurs crocs sont profondément plantés dans votre cou. Si vous ne
les faîtes pas lâcher prise très très vite, ils vous tueront. Et ils
tueront l’écosystème, condamnant ainsi vos enfants et les enfants de vos
enfants. Ils sont trop stupides et trop aveugles pour se rendre compte
qu’ils mourront en même temps. Ainsi donc, soit vous vous soulevez
contre eux et les mettez hors d’état de nuire, soit vous démantelez
l’état privé pour récréer un monde sain, un monde où on ne s’incline
plus devant l’idée ridicule que les exigences des marchés financiers
doivent gouverner le comportement humain, ou c’est l’autodestruction qui
nous attend.
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