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jeudi 22 septembre 2011

Notre mystique est physique et complètement délirante


Il faut voir la physique comme une mystique, les bouleversements de l'esprit ont mis des siècles à se projeter de quelques esprits allumés à l'opérativité de la matière, transformée par le chiffre. Pour autant la dynamique de contestation et de falsification qui anime le mystique est de celle qui sert d'aiguillon au meilleur esprit scientifique (que l'on se rappelle du rôle de l'alchimie comme pont entre ces deux positions). Pour autant aussi la mystique dans son attachement, dans son caractère fusionnel avec ce qui est, le grand tout, dieu, etc, est un crypto-animisme ou un animisme rénové, réformé, qui se traduit par une puissance d'attachement avec le monde. La rationalité scientifique est tout autre dans ses postulats affichés, elle rejette la subjectivité (et plus encore tout idée de poétique, qui dans ses méandres avec le monde tissent des liens d'amour et de haine), sépare le monde de soi, et jette ses rets sur lui afin de soi-disant l'objectiver. 
Il n'en reste pas moins, que ce sont toujours les mêmes structures anthropologiques qui orientent le mystique et le scientifique, c'est à dire une base émotionnelle, qui d'un côté se construit par une poétique volontariste et de l'autre de manière prétendument rationnelle (c'est à dire dépourvue de cette base). Cette différence a une conséquence fâcheuse, le reniement pathologique, et des effets terribles, la différence radicale établie entre ce qu'est le monde et notre subjectivité, a déclenché une immense opération de recouvrement du monde, matériellement, qui finalement nous enferme dans un monde sans alternative, refusant l'ombre, sans parenté avec le mystère, et qui de surcroît meurt de trouille dans sa caverne super-équipé.
Nous n'aimons pas le monde, nous avons peur du monde, alors nous le repeignons souvent. Au lieu de l'écouter.
Ce n'est que dans les aspects les plus pointues de la physique, les controverses cosmologiques, que finalement le courage de la beauté mystique réapparaît redistribuant et rebattant les cartes de ce qu'il y a, de ce qui est (ou pas), cette physique là fabrique de nouvelles mythologies, une véritable activité spéculative d'origine et de type mystique, malheureusement beaucoup trop éloigné du commun des mortels, et surtout réfractaire à une traduction poétique, les quelques tentatives artistiques intéressé par la jonction avec la science n'étant pas de l'ordre du poétique (mais du marketing). Et comment pourraient-elles l'être, cela fait longtemps que l'art n'a plus rien de poétique. Il n'y a plus de mystère en partage. L'étrangeté radicale du monde que l'on compense de manière hystérisé en le recouvrant d'artefacts physiques et psychiques, n'est plus vécu que sur ce mode pathologique effréné. Un délire sans goût.

vendredi 10 juin 2011

Du lait maternel humain dans les mamelles d'une vache clonée



Un laboratoire argentin a annoncé la naissance de la première vache clonée au monde, comportant deux gênes humains, afin de produire un équivalent du lait maternel.
"La vache clonée, baptisée Rosita ISA, est le premier bovin né au monde avec deux gênes humains contenant les protéines présentes dans le lait maternel", déclare l'Institut national de technologie agricole (INTA) dans un communiqué, diffusé jeudi soir.

Agent antibactérien

Le veau est né le 6 avril "par césarienne, en raison de son poids excessif, 45 kilos, alors que les (vaches) Jersey ne dépassent pas habituellement les 22 kilos" à la naissance, ajoute-t-il.
A l'âge adulte, "la vache produira du lait similaire à celui des êtres humains", indique encore l'Institut.
"L'objectif était d'améliorer la valeur nutritionnelle du lait de vache en ajoutant deux gênes humains, la protéine lactoferrine, qui apporte une protection antibactérienne et antivirale, et la lysozyme, qui est aussi un agent antibactérien", a déclaré l'un des chercheurs, Adrian Mutto, lors d'une téléconférence.
Pour parvenir à ce clonage, l'INTA a travaillé avec l'Université nationale de San Martin, elle aussi argentine.
(Source AFP)

mardi 1 février 2011

ARTAUD - RECENSION


 
Instructions pour une prise d’âmes
Artaud et l’envoûtement occidental
Par Frédéric Neyrat
(La Phocide, 2009)

« Le monde de la terre actuelle est mené par des séries d’envoûtements concertés et calculés » nous dit Antonin Artaud. Quelle signification autre que délirante accorder à une telle déclaration ? L’hypothèse qui gouverne ce livre est la suivante : la folie d’Artaud est entrée en conjonction - en résonance - avec le déni occidental. Sa folie s’exprime là où l’« Occident » a toujours refusé de s’exprimer sur lui-même - à moins qu’il n’en ait jamais été capable. L’envoûtement est un nom qui vient à la place de l’impensé occidental. L’impensé colonial. L’impensé du rapport entre Dieu, la techno-science et le capitalisme. L’impensé qui empêche de vivre et donne faim. L’impensé du corps auquel on fabrique une âme. On dira pourtant que l’on sait pertinemment aujourd’hui ce que sont le colonialisme et le post-colonialisme, le monothéisme, la Big Science et le capitalisme. Mais si l’on sait, nous dit Artaud, alors c’est pire. C’est qu’on ne veut vraiment rien changer et qu’on se veut du mal. L’impensé serait-il ce que nous savons le plus ? Plutôt bizarre... Serions-nous envoûtés ? 

Site de l’éditeur :
http://www.phocide.fr/

lundi 17 janvier 2011

Zen y el arte del mantenimiento de la motocicleta




Zen y el arte del mantenimiento de la motocicletaZen y el arte del mantenimiento de la motocicleta.Una indagación sobre los valores, del filósofo norteamericano Robert M. Pirsig es un maravilloso libro iniciático, de esa clase de libros de culto que leí apenas hace poco más de década que de cuando en cuando releo en época estival y aún hoy me sigue cautivando.
Zen y el arte del mantenimiento de la motocicleta es un libro inclasificable, que engañan por su título [no es propiamente un tratado de Budismo, aunque tiene cierta inspiración zen, ni un manual de mantenimiento de motocicletas, aunque tenga algunas pistas, ni una exactamente una novela, aunque lo parezca], un título que, intuyo, viene dado por la ola de libros titulados "Zen y..." que se publicaron en los contraculturales años 60' y 70' marcados por la contestación"anti-sistema", el movimiento hippie, Vietnam, la psicodelia y la influyente obra californiana del filósofo inglés Alan Watts, títulos que en realidad heredaron su prefijo de la estupenda obra de introducción al Budismo Zen [esta sí] Zen en el arte del tiro con arco, del filósofo alemán Eugen Herrigel, posiblemente uno de los primeros occidentales que junto con el mencionado Alan Watts mejor entendieron y practicaron Zen.

Publicada en Estados Unidos en 1974 [en España veinte años más tarde], donde se sitúa la historia, narra el viaje en motocicleta de la costa este a la costa oeste, de un padre [el mismo] y su hijo [Chris, al que llama Fedro, en honor a la obra de Platón, 
Fedro o de la Belleza]. Hay quien ve en esta obra un tratado de Filosofía, de Moral, de Educación, de Estética, de Diseño y hasta de Metafísica de la Calidad o de la Calidad Transcendente. Es posible. Es una obra polimórfica, que ha inspirado a mucha gente y no deja de sorprender así pasen los años. Lo dicho, os dejo con Robert M. Pirsig.

"Cuando el pensamiento analítico -el cuchillo- es aplicado a la experiencia, siempre hay algo a lo que se le da muerte en el proceso. Esto es cosa entendida en las artes. Mark Twain, después de haber reunido los conocimientos suficientes como para pilotear una embarcación en el Mississippi, descubrió que el río había perdido su belleza".


"Los instrumentos de precisión están destinados a conseguir una idea, la precisión dimensional, cuya perfección es imposible. No hay parte de la motocicleta cuya forma sea perfecta, y nunca la habrá, pero cuando se llega tan cerca como lo permiten estos instrumentos, ocurren cosas notables, y uno echa a volar a través de la campiña impulsado por una fuerza a la que cabría llamar mágica si no fuese tan completamente racional en todos los aspectos. Lo fundamental es la comprensión de esta idea intelectual racional. John contempla la moto y ve acero en diversas formas, experimenta sentimientos negativos respecto a estas formas del acero, y prescinde de todo el asunto. Yo contemplo ahora las formas del acero y veo ideas. El cree que trabajo sobre partes, pero yo trabajo sobre conceptos."
"Hablaba ayer de estos conceptos cuando dije que una motocicleta puede ser dividida según sus componentes y según sus funciones. Y cuando dije que los componentes pueden subdividirse en un conjunto energético y un conjunto de marcha, aparecieron repentinamente nuevos conceptos. Y cada vez que establecía una ulterior división, surgían más conceptos basados en estas divisiones, hasta que tuve una gran pirámide de conceptos. Finalmente, mientras dividía la moto en piezas cada vez más pequeñas, estaba construyendo también una estructura."
"Hay otras muchas clases de estructuras tales como causas que producen largas estructuras en cadena de la forma: "A causa B que causa C que cauda D" y así sucesivamente. Una descripción funcional de la motocicleta esta estructura. Éstas se encuentran normalmente relacionadas entre sí según pautas y directrices tan complejas que nadie puede entender más de una pequeña parte de ellas en toda su vida. El nombre general de estas estructuras interrelacionadas es sistema. La motocicleta es un sistema. Un verdadero sistema."
"Hablar de ciertas instituciones del gobierno y del establishment como "el sistema" es hablar correctamente, puesto que tales organizaciones se fundan en las mismas relaciones conceptuales que una motocicleta. Son sustentadas por relaciones estructurales incluso cuando han perdido todo otro significado y propósito. La gente llega a la fábrica y efectúa una tarea totalmente carente de significado desde las ocho hasta las cinco, sin preguntar por qué exige la estructura que las cosas sean así. No hay en ello un villano, no hay "el malo" deseoso de que ellos vivan estas existencias sin significado; se trata, tan sólo, de que el sistema lo exige y nadie quiere asumir la formidable misión de cambiar la estructura sólo porque carece de significado."
"Pero arrasar una fábrica, rebelarse contra un gobierno o abstenerse de reparar una moto porque es un sistema, es atacar a los efectos más bien que a las causas, y mientras el ataque se realice tan sólo contra los efectos, ningún cambio es posible. El verdadero sistema, el real sistema, es nuestra actual construcción del propio pensamiento sistémico, de la propia racionalidad, y si una fábrica es destruida pero se deja en pie la racionalidad que ella producía, entonces esta racionalidad producirá, simplemente, otra fábrica. Si una revolución destruye un gobierno, pero las pautas sistémicas de pensamiento que producía ese gobierno se dejan intactas, entonces tales pautas se repetirán en el gobierno subsiguiente. Se habla tanto del sistema y se le comprende tan poco..."


"La calidad es una experiencia directa independiente y anterior a las abstracciones intelectuales."
"Calidad no es ni mente ni materia, sino una tercera entidad independiente de las otras dos..., aun cuando la calidad no pueda definirse, usted sabe bien que es."
"¿Y qué es bueno, Fedro, Y qué no lo es?... ¿Necesitamos pedirle a alguien que nos diga estas cosas?."


Para saber más: Robert M. Pirsig Bio y Robert M. Pirsig en Wikipedia

Metafísica de la Calidad en Wikipedia

Zen and the Art of Motorcycle Maintenance [Texto en Html]

Fedro o de la Belleza [Texto en Html]

Algunos clásicos Zen [Texto en Html]

Eugen Herrigel en Wikipedia

Alan Watts en Wikipedia

Zen en Wikipedia

Hippie en Wikipedia

Psicodelia en Wikipedia

Contracultura en Wikipedia

mercredi 22 décembre 2010

L’Univers, l’hologramme et nous

source : rhubarbe
Le modèle holographique de l’univers fut proposé dans les années 60 par le grand physicien David Bohm suite à ses travaux dans le domaine de la physique quantique et ses nombreuses conversations avec Einstein lorsqu’il était à l’université de Princeton. Mais ce même modèle fut co-construit à la même période de manière tout à fait indépendante par le neurophysiologiste américain Karl Pribram suite à ses travaux sur le fonctionnement du cerveau et, notamment, la mémoire.
La rencontre des deux approches dans le courant des années 70 fut le point de départ d’intenses réflexions sur ce modèle dont la pertinence semblait couvrir aussi bien notre cerveau que la cosmologie et l’univers des particules. Même si on ne peut pas encore parler, aujourd’hui, de réelle théorie holographique de l’univers, la pertinence du modèle se vérifie de plus en plus. Alors, de quoi s’agit-il ?
D’abord quelques mots sur la notion d’hologramme :théorisé en 1948 par le physicien hongrois Dennis Gabor (récompensé pour cela par un prix Nobel de physique) un hologramme est une image virtuelle tridimensionnelle produite à partir d’un film bidimensionnel contenant cette même image sous la forme d’un motif d’interférences créé à partir de l’objet photographié et une source de lumière ad hoc (un laser). Des explications bien plus complètes existent sur Internet, mais pour l’instant il suffit de savoir qu’un hologramme a des caractéristiques très différentes d’une image classique, notamment le fait que chaque partie de l’image interférentielle (2D) contient l’entièreté de l’information : si on fait un hologramme d’une fleur, que l’on coupe ensuite le film en deux et que l’on recrée l’hologramme, on aura toujours une fleur complète (en fait deux fleurs, une par moitié de film), mais avec une résolution inférieure à l’original.
C’est cette caractéristique qui frappa Karl Pribram :en effet quoi qu’il arrive à notre cerveau, nous nous souvenons toujours d’objets complets, mais avec plus ou moins de détail. Nous n’oublions jamais la moitié de notre famille ou la moitié d’un bon repas entre amis, simplement notre souvenir peut être plus ou moins précis. Notre cerveau et en particulier notre mémoire fonctionnerait ainsi sur le principe holographique, le motif interférentiel étant généré par les signaux électriques de nos neurones. Le biologiste Paul Pietsch a mené de nombreuses expériences sur la mémoire des salamandres et à pu démontrer qu’effectivement la mémoire est non-locale et fonctionne indépendamment des modifications de structure du cerveau.
Dans le domaine de la physique le modèle holographique apporte des réponses à des problèmes ardus de physique quantique, par exemple le problème de la « communication non locale » entre particules. En effet il est démontré que deux particules ayant une même origine semblent capable de communiquer (avoir des spins en phase) de manière instantanée indépendament de la distance qui les sépare, ce qui viole directement une loi fondamentale de la relativité qui dit que rien ne peut aller plus vite que la lumière. En 1982 le physicien français Alain Aspect fit une expérience majeure en prouvant définitivement cette faculté de communication instantanée théorisée par la physique quantique, à laquelle n’existe aucune explication convaincante.Du point de vue de Bohm et du modèle holographique par contre, l’explication serait la suivante : les deux particules ne sont en fait qu’une seule et même « chose » dont nous voyons deux images (comme un sujet filmé par deux caméras à des angles différents). Ce que nous voyons ne serait que l’image virtuelle holographique d’une réalité plus fondamentale. De manière plus générale, notre réalité serait un vaste hologramme tridimensionnel + temps, une image animée que notre cerveau peut interpréter projetée à partir d’une source bidimensionnelle qui serait l’enveloppe interne de l’Univers.
En d’autres termes, nous vivons dans un océan de motifs interférentiels générés à la frontière de l’Univers à partir d’une réalité que nous ne pouvons percevoir directement. Ce modèle permet d’appréhender de nombreux phénomènes physiques et psychiques totalement incompatibles avec les modèles mécanistes classiques car, comme dans un hologramme de source humaine classique, des mises au point différentes d’une même image permettent d’accéder à différents niveau de cette image. Si l’ensemble de l’image est contenue dans chacune de ses parties (ce qui est le cas d’un hologramme classique) et que l’on peut varier la « mise au point » (par exemple en prenant certains substances hallucinogènes, ou par des exercices de contrôle mental) on peut accéder à des horizons allant du plus petit au plus grand. Le psychiatre Stanislav Grof a développé cette approche dans son ouvrage de référence  Psychologie Transpersonnelle, que je recommande chaudement.
Du point de vue de la physique, outre une possible explication de l’expérience d’Aspect et une refondation générale de la physique quantique comme n’étant que « l’image » de processus sousjacents, le modèle holographique trouve une réelle pertinence dans l’étude des trous noirs et pourrait également expliquer certaines bizarreries récentes en recherche cosmologique.
Je vous invite juste maintenant à faire un petit break, prendre un whisky, respirer un grand coup car il va falloir s’accrocher un petit peu, les trous noirs c’est pas de la daube.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la capacité informationelle (nombre de bits d’information qu’il peut contenir) d’un trou noir n’est pas définie par son volume mais par sa surface. Quelles sont les implications de ce surprenant résultat ? En 1993 le prix Nobel Gerard ‘tHoof, puis le physicien Leonard Susskind en 1995 développèrent le concept de « limite holographique » entre deux formes d’univers, d’une part l’univers A de x dimensions et d’autre part l’univers B de (x+1) dimensions, B étant la projection holographique de A. Cette équivalence holographique a une équivalence physique, par exemple la description d’un phénomène en A par la théorie des champs quantiques est équivalente à la description du même phénomène en B par la théorie des cordes. Ces équivalences, ou correspondances holographiques, sont aujourd’hui bien documentées. Mais surtout cela implique que la surface de notre trou noir (qui est une limite de notre espace-temps car nous ne pouvons pas savoir ce qui se passe à l’intérieur) est l’équivalent de mon univers A ci-dessus, avec une correspondance holographique en B qui est en fait le niveau de radiation du trou noir. Information en A (surface) =radiation en B (projection).
De ceci on peut tirer une hypothèse aussi générale qu’importante : une théorie globale basée sur le principe holographique ne serait pas concernée par des particules ou des champs ni même l’espace-temps mais par l’échange d’information. La « particule » de base serait l’unité d’information que nous traitons ensuite afin de recréer une forme de réalité physique. Si on extrapole à notre univers, A serait la surface internede la « bulle », et B sa projection holographique dont nous faisons nous-mêmes partie. Toute l’information qui nous est disponible existe préalablement au niveau de A, la surface.
Pouvons-nous en faire la démonstration expérimentale ? Peut être. En 2008 une expérience allemande appelée GEO600 essayait de trouver des traces de vagues gravitationnelles, mais se trouvait confrontée à un inexplicable niveau de bruit l’empêchant de mener à bien ses mesures. Au même moment Craig Hogan, physicien et directeur du Fermilab Center for Particle Astrophysics planchait sur la même question. Apprenant que GEO600 avait effectivement un problème de bruit inexplicable, il expliqua aux Allemand que GEO600 était tellement sensible qu’il détectait sans doute le « grain » de l’espace-temps, un peu comme zoomer sur une photo permet de détecter le « grain » correspondant à la limite de la résolution de l’appareil. Sauf que ce « grain » de l’espace-temps n’est pas du à une image classique mais à une image holographique. Pour Hogan, à moins de découvrir une autre cause pour ce bruit, GEO600 pourrait bien être une première démonstration expérimentale du modèle holographique.
Mais pourquoi il y aurait-il du grain ? Parce que le niveau d’information constitutif de l’univers est fixé par sa surface, qui est évidemment plus réduite que son volume. Pour que l’information de la surface remplisse le volume par le biais d’une forme de projection holographique, il s’ensuit que les « unités d’information » au sein du volume sont plus grandes, plus « graineuses » que les unités de surface (qui elles sont des unitésde surface de Planck, soit 10exp-66 cm2).
Enfin pour terminer et reboucler sur les trous noirs dont l’étude est très liée au modèle holographique, une étude publiée en mars 2010 par Nicodem Poplawski de l’Université d’Indiana examine la possibilité que le cœur des trous noirs ne soient pas une singularité (comme le dit la relativité générale) en utilisant une variante de cette théorie prenant en compte le spin (moment angulaire) des particules absorbées par un trou noir. Cette approche met en œuvre une propriété particulière de la matière appelée torsion, agissant comme un ressort anti-gravitationnel et permettant à la matière au sein du trou noir de « rebondir » dans une phase d’expansion ultrarapide. Comme le postule la théorie du Big Bang…. Il n’y aurait alors plus de singularité. Mais quoi ? Peut être un univers complet…
C’est ce que postule le chercheur, en ajoutant que la rotation du trou noir devrait imposer une direction préférentielle à notre espace-temps, en violation de la symétrie de Lorentz. Violation qui pourrait se traduire par une oscillation – effectivement observée- des neutrinos d’un type à l’autre. Notre univers pourrait donc être encapsulé dans un trou noir. Et nous savons maintenant que la capacité d’information d’un trou noir est dérivée de sa surface. Je propose donc le pas suivant : notre univers serait la projection holographique au sein du trou noir de l’information contenu à sasurface. Et chaque trou noir que nous observons nous-mêmes pourrait être la signature d’un autre univers fonctionnant sur le même principe.