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lundi 6 février 2012

Les nouveaux Jardins de la Victoire

Julie Bass, une habitante d'Oakland (Michigan) risque 93 jours de prison. Son crime : faire pousser des légumes devant sa maison et refuser de les remplacer par du gazon.
 source : alternatives économiques
 
Le cliché de la banlieue résidentielle américaine, c'est la maison individuelle avec sa pelouse impeccable. Ce n'est pas qu'une image : le gazon soigné est obligatoire et le propriétaire négligent se fait rappeler à l'ordre gentiment par ses voisins, puis plus fermement par la municipalité s'il tarde trop à passer la tondeuse.
La vigilance des voisins s'explique : la valeur d'une maison est déterminée par son emplacement. L'environnement doit donc être impeccable si l'on ne veut pas que les prix baissent. Et l'on ne mélange pas l'utilitaire et le résidentiel : la plupart des villes américaines imposent un zonage distinguant strictement les zones industrielles ou agricoles des quartiers résidentiels. Dans ces derniers, il est interdit de planter devant sa maison autre chose que du gazon et (à la rigueur) des petites fleurs.
Une vogue sans précédent des jardins potagers
Julie Bass est donc engagée dans un bras de fer avec la municipalité d'Oakland (Michigan) parce qu'elle a transformé sa pelouse en jardin potager[1]. Même si elle risque théoriquement la prison, il est facile de prédire qu'elle finira par gagner. Elle participe en effet à un mouvement puissant : le renouveau du jardinage utilitaire dans les villes américaines. Jardiner en famille ou avec ses voisins est une pratique ancienne aux États-Unis : pendant la deuxième guerre mondiale, le citadin était encouragé à cultiver son « jardin de la victoire »[2]afin d'augmenter la production maraîchère du pays pour mieux nourrir les soldats.

dimanche 5 février 2012

Ecologie en temps de guerre. Quand les États-Unis luttaient contre le gaspillage des ressources

« Notre mode de vie n’est pas négociable » a déclaré G. W. Bush. Pourtant, pendant la Seconde guerre mondiale, les citoyens américains ont renoncé un moment à la culture de la consommation et du gaspillage.

Aux États-Unis, les générations actuelles sont-elles équipées pour répondre au défi homérique que représente le réchauffement climatique ? Si les grands médias glosent à longueur de page sur les « crédits de carbone », les « voitures hybrides » et l’« urbanisme intelligent », il n’en reste pas moins que notre empreinte écologique ne cesse d’augmenter. À titre d’exemple, la maison américaine typique est aujourd’hui 40 % plus grande qu’il y a vingt-cinq ans, alors même que la taille de chaque foyer s’est réduite. Dans le même temps, les mammouths du genre 4x4 (qui représentent 50 % des voitures particulières) ont envahi les autoroutes, tandis que la taille des surfaces commerciales par habitant - un moyen indirect, mais fiable, de mesurer l’augmentation de la consommation - a quadruplé.
Autrement dit, nous sommes trop nombreux à parler d’écologie tout en conservant un mode de vie surdimensionné – donnant ainsi du grain à moudre aux conservateurs qui multiplient les tribunes fustigeant cyniquement les factures d’électricité d’Al Gore. Nous sommes désespérément drogués aux énergies fossiles, au shopping compulsif, à l’expansion suburbaine et au régime carnivore. Les Américains pourront-ils jamais renoncer volontairement à leurs 4x4, à leurs hamburgers, à leurs énormes manoirs de banlieue et à leurs sacro-saintes pelouses ? Surprise : la bonne nouvelle nous vient du passé. 
Dans les années 1940, les Américains combattaient simultanément le fascisme à l’étranger et le gaspillage chez eux. Mes parents, leurs voisins, et des millions d’autres Américains laissaient la voiture au garage pour se rendre au travail à vélo, retournaient leur pelouse pour planter des choux, recyclaient les tubes de dentifrice et l’huile de cuisson, prêtaient bénévolement leurs services aux crèches et aux centres de l’United Service Organization [1], offraient le gîte et le couvert à des inconnus, et s’efforçaient consciencieusement de réduire leur consommation et d’éviter le gaspillage inutile. La Seconde Guerre mondiale donna ainsi lieu à la plus grande expérience d’écologie populaire de l’histoire des États-Unis. Lessing Rosenwald, le directeur du Bureau pour la conservation des matériaux industriels, exhortait ses compatriotes « à passer d’une économie de gaspillage – et on connaît les habitudes de ce pays en matière de gaspillage – à une économie de préservation. » Une majorité de civils répondit à l’appel, certains à contrecoeur, beaucoup avec enthousiasme.

Le symbole le plus célèbre de ce nouvel état d’esprit était les « jardins de la victoire ». Initialement encouragés par l’administration Wilson pour lutter contre la pénurie alimentaire pendant la Première Guerre mondiale, les jardins potagers communautaires ou familiaux sont réapparus au début du New Deal et furent alors élevés au rang de stratégie de subsistance pour les chômeurs. Au lendemain de Pearl Harbor, l’enthousiasme populaire fit céder les résistances des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture et fit des « jardins de la victoire » le dispositif central de la campagne nationale « Food Fights for Freedom ».

Dès 1943, haricots et carottes poussaient sur la pelouse de la Maison-Blanche et, à l’instar de la Première Dame Eleanor Roosevelt, près de 20 millions de « jardiniers de la victoire » assuraient 30 % à 40 % de la production nationale de légumes – permettant en retour aux fermiers de nourrir la Grande-Bretagne et la Russie. Dans The Garden Is Political, un recueil de poèmes populaires publié en 1942, John Malcolm Brinnin saluait ces « mètres carrés d’internationalisme » surgissant dans les villes américaines. Même si les jardins de la banlieue et de la campagne étaient plus étendus et souvent plus productifs, certains des horticulteurs les plus enthousiastes étaient les enfants des centres-villes, reconvertis en paysans urbains fiers de leur capacité d’autosubsistance. Dans les grands centres industriels du pays, avec l’aide des boy-scouts, des syndicats et des centres sociaux, des milliers de sinistres terrains vagues couverts d’ordure furent transformés en jardins communautaires. À Chicago, 400 000 écoliers s’engagèrent dans la campagne « Clean Up for Victory », destinée à récupérer de la ferraille pour l’industrie et à nettoyer des parcelles pour les transformer en jardins.

samedi 4 février 2012

VICTORY GARDEN of TOMORROW (artivisme)

La crise actuelle et la fin du capitalisme implique que nous devenions tous plus ou moins un peu jardinier.

En 1943 Eleanor Roosevelt contribua au lancement d’un mouvement des « Jardins de la Victoire » qui devinrent une contribution conséquente à l’alimentation de la nation en temps de guerre.
Des « Jardins de la Victoire » étaient cultivés jusque sur les toits des immeubles.
A la fin de la seconde guerre mondiale, plus de 20 millions de jardins privés fournissaient 40% des produits consommés aux USA.



***



A Portland, Etats-Unis, l’artiste Joe Wirtheim a récemment remis au goût du jour et détourné des affiches de propagande utilisées lors des deux guerres mondiales afin de promouvoir le jardinage (cf. la fiche Wikipedia sur les Victory Garden)… pour lancer une campagne incitant les américains à “l’innovation civique” et au “progrès social”.
Une affiche d’époque
Intitulé “Victory Garden of Tomorrow” (VgoT – “les jardins de la victoire de demain”), cette campagne entend rappeler l’ingénuité dont l’Amérique a su faire preuve  à l’époque face à l’ennemi tout en l’incitant à en user pour combattre les problèmes actuels.
Ainsi que l’explique l’artiste sur TreeHugger:
I started reading some history and looking up period poster art, and fell in love with the idea of the “victory garden”. The history of it is so simple and charming – I especially liked the active voice in the poster art, like: “Help Harvest” or “Can all you Can” about canning vegetables for winter. These were all very classic folk activities, doing things like growing vegetables, canning them. There were others like collecting salvaged steel, aluminum, and rubber which I felt was perfect – its like not only going back to classic folk values, but then cleaning up the industrial mess that we appear to buried in.
Cette campagne me rappelle étrangement celle des Green Patriots Posters… et confirme à mes yeux la facilité avec laquelle les activistes écologistes américains établissent un parallèle entre les efforts nécessaires actuellement pour changer de paradigme et les efforts de guerre réalisés lors de la seconde guerre mondiale.
Et vous, ce type de campagne et d’affichage vous parle-t-il ? Pensez vous que cela pourrait nous inciter, en France, à devenir plus locavores ?