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dimanche 25 septembre 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE

Il n’y a pas que les Etats qui réduisent violemment la voilure, les grands groupes aussi à l'image de VEOLIA (voir le paragraphe « accélération du recentrage des opérations du groupe », ça a l’air anodin mais c’est du brutal).


 Avant il fallait diversifier, maintenant il faut recentrer.
 
C’est beau la foi.

vendredi 17 juin 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE

On peut démissionner d'une secte politique, et, dans un Etat totalitaire, on peut au moins se réfugier dans "l'émigration intérieure"; mais il est aussi impossible pour l'homme capitaliste devenu auto-régulateur de démissionner du marché totalitaire que de son propre "moi", devenu "capital humain". La conscience est reliée au mécanisme omniprésent de la concurrence, obligeant à se mentir sans cesse à soi-même en raisonnant dans les termes de la Novlangue économique néo-libérale: "productivité déchaînée est expérience de soi", "l'auto-soumission c'est l'autoréalisation", "la peur sociale est l'auto-libération" etc. Cent ans plus tôt, Rimbaud avait déjà formulé de manière inégalée la schizo-devise de l'homme moderne: "Je est un autre".
 
"Etre libre" ne signifie dans ce monde rien d'autre que de savoir ce que Big Brother, c'est-à-dire le marché totalitaire, pourrait demander aux hommes, de le prédire et de s'y conformer dans une obéissance zélée et inconditionnelle – ou alors de rester sur le bord de la route, de perdre son existence sociale et de mourir prématurément. Il n'y a plus besoin de système de surveillance bureaucratique pour que ces sanctions s'exercent sur les "perdants". C'est parfaitement réglé par ce lugubre pouvoir anonyme de la machine sociale du capital devenu rapport mondial total. Le pouvoir des lois systémiques aveugles, violant les ressources naturelles et humaines, s'est émancipé de toute volonté sociale – et donc aussi de la subjectivité du management.

jeudi 23 décembre 2010

"Un livre blanc" de Philippe Vasset (recension)

FICTION DOCUMENTAIRE
Philippe Vasset, s’est fait connaître et reconnaître par son premier livre Exemplaire de démonstration, récit d’expérimentation mêlant la possibilité de création littéraire et le commerce internationale des matières premières.
Un livre blanc est sous-titré « récit avec carte », et effectivement 17 cartes IGN de l’agglomération parisienne sont reproduites. Est-ce une vérification sur place de la relation entre la carte et le territoire ? Ou plutôt d’une exploration de zones blanches sur les cartes concernant Paris ? Ou alors d’une aventure moderne façon carte aux trésors ?
Au départ est donc la carte, « pendant un an, j’ai donc entrepris d’explorer la cinquantaine de zones blanches figurant sur la carte n°2314 OT de l’Institut géographique national, qui couvre Paris et sa banlieue. » Drôle d’occupation pour un écrivain.
Et là, très rapidement, un constat s’impose : « à peine entamée, mon expédition s’éloignait du chemin tracé : en lieu et place des mystères espérés, je ne trouvais qu’une misère odieuse et anachronique, un bidonville caché aux portes de Paris. » Puis, « au bout de deux mois, j’avais complètement abandonné l’idée de faire apparaître la moindre parcelle de merveilleux : les blancs des cartes masquaient, c’était clair, non pas l’étrange, mais le honteux, l’inacceptable, l’à peine croyable ».
Vient l’idée d’un « documentaire engagé », que Philippe Vasset écarte de son projet. Puis une autre, plus ambitieuse, et c’est en cela qu’
Un livre blanc est de la littérature expérimentale : « Au fur et à mesure de la rédaction s’est en effet imposé le sentiment que l’art en général et la littérature en particulier feraient bien mieux d’inventer des pratiques et d’être explicitement programmatiques plutôt que de produire des objets finis et de courir après les tout derniers spectateurs pour qu’ils viennent les admirer. » Et cette précision, « la tentative d’inventer ce que je n’arrivais pas à identifier était grande, mais y céder m’aurait conduit à écrire un roman, et je voulais autre chose : une réalité trouée, friable et infiniment plus mystérieuse que n’importe quelle histoire inventée. »
Ceci est à rapprocher de cette réflexion : « pour laisser s’épanouir ces formes inachevées, pour permettre la coexistence et l’interpénétration réciproque du réel et de la fiction, pour ouvrir le texte à ses lecteurs, il nous faudrait, au lieu du roman, une forme plus proche de ce que l’art contemporain appelle installation, c’est-à-dire une juxtaposition d’éléments entre lesquels on puisse circuler, un texte préparé comme l’étaient il y a cinquante ans les pianos, bref, une machine. » C’est un extrait de « Machines romanesques », la contribution de Philippe Vasset au livre collectif Devenirs du roman réalisé par la revue Inculte au début de l’année 2007. Et c’est dans ce livre que je rencontre l’idée de fiction documentaire.
Reprenons. Le projet écrit, l’aventure digérée puis rédigée, voici un « récit avec cartes », c’est ainsi que Philippe Vasset nomme la forme de son texte. Je cherche à caractériser ma lecture d’Un livre blanc, et pendant que je lisais ce texte m’est revenu en mémoire la contribution d’Emmanuelle Pireyre [1] pour ce même Devenirs du roman. Elle y théorise les « fictions documentaires » pour la littérature, elle explique qu’elle tient le terme de Jacques Rancière qui l’avait employé dans le domaine du cinéma. J’y lis ces deux affirmations : « dans les fictions documentaires littéraires […] ce n’est généralement pas la narration qui conduit la progression du texte, mais plutôt le fil de la pensée et la combinaison de données ou de contenus de savoir collectés ici ou là. » Puis « au lieu d’être structurées par une construction narrative, les fictions documentaires le sont par un maniement hétéroclite plus ou moins orthodoxe de la pensée consistant à traiter les flux de données disponibles. »
Une fiction documentaire : quelques caractéristiques
Une fiction documentaire, il s’en faut de peu que cela ne soit plus de la fiction mais du documentaire, de l’essai. Il y faut la volonté de l’auteur d’inscrire le texte dans la fiction. En ce sens la fiction documentaire n’est pas un documentaire raté. Il faut même ajouter que cette volonté d’être de la fiction représente un sérieux avantage. Du coup, la fiction documentaire n’est pas un témoignage, ni un récit qui témoigne. C’est ce qui va donner un autre caractère à la fiction. Ainsi pour Philippe Vasset y-a-t-il création d’une aventure, pour faire de la fiction.
Une fiction documentaire est dans l’action du monde, c’est-à-dire qu’elle ne se contente pas de la dire, elle est dedans. Elle est dedans parce qu’elle crée de l’action du monde, Philippe Vasset écrit ce qu’il a fait et a fait ces actions parce qu’il écrit. Et je dois préciser : parce qu’il écrit de la fiction.
Une fiction documentaire est une fiction par la volonté du projet textuel d’en être une. Comment se caractérise la fiction dans Un livre blanc ? Il n’y a pas d’invention de personne, c’est Philippe Vasset qui parle, qui raconte son aventure, ses découvertes, son projet. Il n’y a pas invention d’actions ou de situations, Philippe Vasset dit ce qui lui est arrivé. Mais ce qui lui est arrivé l’a été parce qu’il l’a décidé par un projet, un projet disons artistique. C’est-à-dire que ce n’est pas dans son texte même que se cache la fiction, c’est son projet en lui-même qui est la fiction. Dire alors, c’est la possibilité de son texte qui est la fiction, c’est la fabrication du texte qui est la fiction. Et c’est tout l’intérêt de la fiction documentaire, la fiction dans ce cas ne fonctionne qu’accolée au terme documentaire.
Il ne s’agit plus d’une fiction complète, d’une fiction entière, mais d’une fiction documentaire.
[1] lire d’elle Comment faire disparaître la terre ?, Seuil, 2006

dimanche 21 novembre 2010

Des sorcières aux autonomes : les hérétiques, de l’Antiquité à nos jours

Source: suivant l’excellent ouvrage de Norman Cohn : "Démonolâtrie et sorcellerie au Moyen-Âge, 
fantasmes et réalités". ARTICLE XI ("Herr Grimaud")

Retour aux sources : cette bonne vieille Antiquité
La sorcellerie telle qu’elle est conçue et imaginée au Moyen-âge est un héritage de l’Antiquité. Les accusations de démonolâtrie et d’infanticides rituels sont prononcés pour la première fois à l’encontre des chrétiens, à l’époque une secte dissidente du judaïsme refermée sur elle-même et qui prétend que son Dieu est le seul labellisé 100% divin. C’est l’aspect mystérieux et confidentiel de cette secte, la confusion par rapport à l’Eucharistie (manger le corps du christ sous forme de pain) et à l’Agape (nom donné au repas que prenaient les premiers chrétiens pour commémorer la cène et pendant lequel ils échangeaient le baiser de la paix) qui conduisent de nombreux observateurs de l’époque à décrire les chrétiens comme participant à des orgies incestueuses et cannibales et à des sacrifices rituels. Certaines descriptions carrément grotesques en deviennent comiques, notamment l’accusation d’adorer un Dieu à tête d’âne et de lui baiser l’anus (dans le monde antique, si certains dieux ont effectivement des parties animales, peu sont aussi mal considérés que l’âne). Les chrétiens étant une secte marginale, ils servent de boucs émissaires et agrègent tous les fantasmes morbides de l’époque.
Le système religieux romain est une concrétion à même d’assurer l’unité de l’empire et la « pax romana ». Au fur et à mesure que l’empire s’étend, les Dieux et les peuples sont pareillement intégrés. Parallèlement, la société romaine évolue vers une déification de l’empereur. A ce stade, le monothéisme des premiers chrétiens est considéré comme une atteinte à la société dans son ensemble, d’où les persécutions dont ils sont victimes.
La religion catholique finit par sortir de son ornière et, bien entendu, il n’est plus question de ces accusations lorsque la religion chrétienne, prosélyte et universelle, devient religion d’empire.
Paradoxe historique
L’évolution que connait l’idée de sorcellerie au cours du Moyen-âge est parallèle à la diabolisation des hérétiques. En pratique, il s’opère un retournement historique audacieux : les chrétiens accusent ceux qui dévient du dogme de ce qu’on leur reprochait à l’origine. D’où : ces accusations sont toujours une manière d’exclure les personnes incriminées de la société humaine en les accusant de transgresser l’ensemble des tabous communément admis (inceste, partouze, manger les bébés, zoophilie…). C’est valable pour les Vaudois, les Cathares et les Fraticelli. Ça a également été le cas pour les Templiers, qui n’ont eu d’autre tort que d’avoir une immense fortune aiguisant l’appétit de ce psychopathe de Phillipe le Bel. Ces affaires démontrent l’utilisation machiavélique qui a pu être faite de ce type d’accusations.

Par la suite, il s’opère une confusion entre la perception paysanne de la sorcellerie (qui s’exerce sous forme de « malleficum » : maléfices ayant pour objet de nuire à quelqu’un), la conception du magicien (lettré qui fait appel à des forces démoniaques sur la base de rituels établis par écrits) et ces hérésies dont les adeptes, par la force des choses, ont une pratique collective et secrète de leur foi. Si le fait de transformer ces derniers en adorateurs du démon bons pour le feu relève incontestablement de la manipulation, une grande part des procès individuels et collectifs dans les villages relèvent du fanatisme religieux, de l’obscurantisme et de la connerie humaine. Avec ce constat : les personnes taxées de sorcellerie s’étaient souvent, au cours des années, mis une grande part de la population du village à dos ; cette accusation matérialisait ainsi un consensus villageois pour se débarrasser de quelqu’un.
Méthode inquisitoriale
En ce qui concerne la justice, la méthode inquisitoriale est une innovation intéressante de la période. Auparavant, le procédé de droit utilisé était largement issu du droit germain : la méthode accusatoire imposait au plaignant d’engager personnellement sa responsabilité dans la plainte déposée. Et s’il n’apportait pas la preuve matérielle de ses accusations, c’est lui qui se mangeait un châtiment équivalent. Ce système avait l’avantage de limiter les procédures aux cas où les personnes étaient prêtes à prendre ce risque considérable pour obtenir justice.
A contrario, la méthode inquisitoriale consiste en une mise en accusation par la puissance publique. Cette dernière se charge d’obtenir des aveux par la torture et de brûler l’accusé s’il revient sur ses aveux. Pratique, n’est-ce pas ? D’où la possibilité d’obtenir ce qu’on veut de qui ont veut, de suggérer et de voir immédiatement la personne contresigner.
(Pour information, la raison qui sous-tendait l’utilisation de la torture dans les procès en sorcellerie est la suivante : les personnes étant sous l’emprise du démon, seule une torture bien menée pouvait permettre de rompre le lien entre la victime et les puissances infernales ; la torture était donc vivement recommandée par Dieu lui-même, puisque les aveux pouvaient permettre de sauver l’âme du pauvre pêcheur(resse).)

La grande chasse au sorcière des XVIe et XVIIe siècles, et les procès de masse qui ont eu lieu, proviennent de l’exigence de délation de la part des autorités, persuadées d’avoir affaire à une force occulte organisée. Sous la torture, les gens dénonçaient n’importe qui. Pour exemple, dans la petite ville de Wiesensteig, en Allemagne, 63 femmes ont été brûlées pour la seule année 1562 ; et en une année, des villages ont perdus prés de 10 % de leur population.
Ésotérisme et falsification historique
Question : y avait-il une organisation structurée de sorciers ? L’auteur de Démonolâtrie et sorcellerie au Moyen-Âge, fantasmes et réalités, Norman Cohn, pose que l’amalgame opéré entre hérésie et sorcellerie, entre des pratiques individuelles et des pratiques collectives, a conduit de nombreux auteurs modernes à verser dans cette erreur historique postulant l’existence de « covens », ces sociétés secrètes de sorciers(ères) se livrant à des sabbats, réunions périodique comportant leur lot d’activités plus ludiques les unes que les autres. Telles qu’invocation du démon ou du diable en personne, grosse partouze et dévoration de bébés…

Les principales sources d’information à ce sujet sont les comptes-rendus de procès d’inquisition. Au vu des méthodes employées, on peut se poser des questions sur la crédibilité de ces témoignages. Et supposer que ces compte-rendus sont surtout des projections d’inquisiteurs obsédés par leurs propres démons. Ainsi de cet abbé persuadé que des diablotins s’acharnaient sur lui, lui donnant des gaz et le faisant dormir pendant la messe…
Ce qui est amusant, c’est que l’ouvrage de référence en la matière, celui de madame Murray, publié au début XXe siècle, a conduit à la renaissance du mouvement païen et à la constitution de la Wicca, néo-paganisme moderne né dans les années 30 sous l’influence de l’ouvrage de Murray et d’un individu nommé Gardner. Pourtant, aucune preuve historique sérieuse n’existe pour confirmer ce postulat de l’existence d’une société secrète de sorciers. Par ailleurs, sa théorie se fonde largement sur l’oeuvre d’ethnologie de Frazier, le « Rameau d’Or », qui ramène la plupart des croyances antiques à la fertilité. Pour Murray, les cercles de sorcières étaient des cercles de femmes adorant une sorte de religion primitive de la terre et de la fertilité, en opposition au patriarcat du catholicisme.
A la suite de Murray, de nombreuses théories historiquement invérifiables ont été échafaudées, comme celle de Michelet, postulant que les cercles de sorciers étaient en fait des réunions de personnes en rébellion contre l’autorité de la religion et des seigneurs. Il est intéressant de constater que ces théories suivent très fidèlement le Zeitgeist du moment : celle de Michelet par son enthousiasme pour l’émancipation des classes laborieuses et le féminisme naissant ; celle de Murray par Frazier ; enfin, celle de Rose par l’époque psychédélique (il postule de grandes réunions de défonces à base de décoctions de plantes et des orgies avec des gens déguisés en animaux).
Les liens à établir avec notre époque, maintenant, chez nous
D’après Norman Cohn, les historiens ont gravement sous-estimé les capacités de l’imagination humaine : les récits de sorcellerie sont manifestement des compilations de faux documents et de délires montés de toute pièce. Il en ressort aussi un archétype au sens Jungien de la société secrète, que l’on retrouve dans l’antisémitisme au XXe siècle (notamment à travers le Protocole des sages de Sion), mais également dans le traitement du terrorisme et la paranoïa sécuritaire actuelle.
La continuité est de deux ordres.
>>Sur la forme : le traitement fait aux « terroristes » présumés dans les prisons israëliennes ou américaines est du même ordre que celui réservé aux hérétiques du Moyen-âge ; de même, alors qu’au Moyen-âge existaient des manuels de la « question » pour faire avouer l’hérétique, des manuels de torture ont été réalisés à destination des marines américains.
On peut constater aussi que la procédure inquisitoriale a déteint sur la conception juridique actuelle, en tout cas en matière de lois antiterroristes. Une des principales caractéristique de la procédure inquisitoriale comme des lois antiterroristes est l’absence presque totale de protection de l’accusé. La puissance publique accuse, cherche les preuves, condamne et applique la sentence. En pratique, elle part de sa propre conviction, sans qu’elle soit motivée par une plainte ou une dénonciation (comme c’est le cas en droit romain, par exemple), et cherche ce qui peut étayer sa thèse. Pour moi, les hérétiques du XXe siècle sont les personnes suspectées de terrorisme (étant donné qu’une infime part de ces dernières sont effectivement des terroristes actifs).
>>Sur le fond : il apparaît clairement que le fantasme terroriste, bien qu’il soit en partie fondé sur la réalité, est largement amplifié et manipulé par les autorités capitalistes, occidentales et impérialistes (pas de raisons d’exclure le gouvernement chinois du cercle très ouvert des enfoirés). Sans revenir sur les différentes théories qui font du terrorisme une manipulation d’Etat, l’opportunité de l’ennemi intérieur et extérieur est évidente dans une situation de contestation politique grandissante et généralisée. Les masses terrorisées se concentrent alors sur le danger le plus immédiat : celui qu’on leur fait manger à l’heure du journal télévisé en accompagnement des petits pois.


D’une certaine manière, les membres de la mouvance anarcho-autonome incarnent les sorciers du XXIe siècle, et il est difficile de dire si l’acharnement dont elle est victime (si tant est qu’elle soit autre chose qu’un fantasme du pouvoir) est de la manipulation ou du fanatisme dogmatique. Dans l’affaire de Tarnac, on a pu voir la preuve de cette procédure inquisitoriale dans la recherche de pièces à conviction : harnais, horaires de trains et, pour montrer que Julien Coupat était le chef de la « bande », ce qui justifia son incarcération.
Et si la soi-disant mouvance anarcho-autonome représente la sorcellerie du XXIe siècle, il n’y pas loin à chercher pour trouver l’Eglise prosélyte et universaliste, avec ses conciles (G8) et ses instances prétendant gouverner le monde (OTAN, ONU, FMI, OMC), par la force s’il le faut. 
La dérive sécuritaire paranoïaque me paraît n’être rien de plus qu’une énorme baudruche remplie de ces gaz fétides que produisent la peur et le fanatisme. Ça me fait bien marrer quand des gens disent : « Ça n’arriverait pas chez nous, on est pas des barbares »… Alors que « chez nous », on revient à grand pas aux bonnes vieilles méthodes médiévales de traitement de la contestation.

lundi 8 novembre 2010

La Quête, Jacques Brel


La Quête
Jacques Brel

Don Quichotte, Pablo Picasso

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu'à la déchirure
 
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile

Telle est ma quête,
 
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux

Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
 
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile.