Affichage des articles dont le libellé est CONSEILLISME OUVRIER. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CONSEILLISME OUVRIER. Afficher tous les articles

jeudi 15 septembre 2011

Vaneigem ou l'or noir des situationnistes



Source : Non Fiction/Yann Ciret

Recension de l'ouvrage de Raoul Vaneigem, "Entre le deuil du monde et la joie de vivre".
 
Résumé : Mêlant l'autobiographie à la critique, Vaneigem dresse un bilan de sa participation au groupe situationniste, éternellement écartelé entre pulsion de mort et instinct de vie.


L’influence de Raoul Vaneigem sur la jeunesse de Mai 68 fut grande, peut-être se répandit-elle plus facilement que celle de La Société du Spectacle de Debord, dont les thèses arides semblaient s’inscrire dans le même marbre que celui que grave la loi. Les écrits de Vaneigem, plus ouvertement libertaires, laissaient déjà poindre l’anarchisme hédoniste de l’auteur futur du Livre des plaisirs et de Nous qui désirons sans fin. Jusqu’à présent, il n’était jamais revenu aussi précisément sur ses années situationnistes. Avec Entre le deuil du monde et la joie de vivre, on entre dans une critique du "situationnisme", ce que la culture et les médias ont fini par faire de ce courant entre esthétique et politique, puis plusieurs livres s’enchâssent ici dans une langue solide, flirtant avec un classicisme teinté de saillies baroques, précieuses.

Ce n’est pas le moindre des plaisirs de lecture de ce livre que d’y entendre un verbe roide, hautain parfois, épouvanté d’une rage sombre, tantôt nonchalante, puis en basse continue, se déchaînant contre l’anéantissement de l’humanité. Il faut le dire, il y a un style, un ton, un humour souvent sarcastique, que nous ont laissé les situationnistes. Avec son Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, en 1967, Raoul Vaneigem a marqué d’une pierre d’angle ce mélange de rigueur formelle et de concepts percutants. Beaucoup imitée, jamais égalée, cette belle machine rhétorique n’existe réellement qu’à travers deux œuvres : celles de Raoul Vaneigem et de Guy Debord. Leur amitié ne résista pas au reflux de 68. Dans sa lettre de démission à l’Internationale situationniste en 1970, Vaneigem pose la question qui va l’occuper jusqu’à ce dernier livre : "Comment ce qu’il y avait de passionnant dans la conscience d’un projet commun a-t-il pu se transformer en un malaise d’être ensemble ?", pour répondre, en partie, par le peu de pénétration des idées situationnistes dans le milieu prolétaire, de la même manière que d’autres groupes gauchistes.

Il se repose toujours la même question, est-ce à une d’élite d’apporter ses lumières théoriques à une classe opprimée et au nom de quoi ?, pour parvenir à un constat plus profond : le mode situationniste de comportement dupliquait une haine de soi, une volonté de démolition, qui n’était pas exempte de nihilisme, d’une pulsion de mort. Vaneigem interroge une forme de folie rance, celle qui a pu le transformer en "ange exterminateur" reproduisant symboliquement les actes staliniens d’exclusion, de crimes potentiels, d’une confrérie dupliquant le schéma meurtrier du bouc émissaire. Il déplie cette "table ronde" chevaleresque des égaux situationnistes où, comme il le dit, l’enjeu du pouvoir était dominant. On s’apercevra, avec le temps, que Entre le deuil du monde et la joie de vivre n’est pas un simple témoignage, mais une réflexion essentielle pour reprendre la liaison entre utopie et agir.

Chaque phrase creuse le problème d’un mouvement qui avait vu la société de consommation comme une Vanité, une tête de mort disponible pour chaque citoyen, son tombeau, et là il faudrait citer tout le livre : "Mais voici que ce confort se dérobe entre les mains de millions de gens, qui se retrouvent sans humanité et sans avoir." La peur, l’effroi s’emparent de chaque travailleur subordonné à des puissances qui le dépassent, le détruisent. Et là où Vaneigem est important, c’est que quittant le "jouir sans entrave et vivre sans temps mort" de 68, il décape ce que le désir a pu devenir comme accélérateur pour les révolutions capitalistes. Les situationnistes appelaient de leurs vœux une société du jeu vital, de l’expression libre, mais ce dispositif fut idéalement capté par l’économisme. De fait, la critique du "Spectacle" servit de fleuron à celui-ci, le désir ou les désirs sont les proies que l’économie cherche et suscite pour les inféoder. On pourrait faire la même analyse pour nombre de philosophes de 68. Sans resserrer ces penseurs dans une même critique du désir comme producteur d’asservissement, le livre de Vaneigem, qui ne s’embarrasse pas de telles précautions, pointe l’impasse d’un certain type de révolution.

Il ne faudrait pas restreindre Entre le deuil du monde et la joie de vivre à un arrachement aux errements des situationnistes, malgré leur perspicacité, mais à une méditation sur le devenir mortifère des révoltes : "Car enfin, nous avions entrepris la révolution en gageant ses espérances sur notre fin apocalyptique." Et, encore plus cinglant : "Dans l’hystérie paranoïaque de notre groupe d’hémophiles excoriés retentissait l’écho d’une exaltation que nous voulions romantique ; elle était seulement morbide." Les assertions claquent comme des refus de se laisser prendre, à nouveau, dans ce désir de pouvoir qui ne cache que celui de n'en avoir aucun. Vaneigem revient sur ces exclusions meurtrières que les situationnistes pratiquaient comme des purges internes, faute de trouver l’ennemi extérieur auquel s’affronter directement. Ce livre entrelace une biographie personnelle, intimement issue de l’histoire de la classe ouvrière, où le présent est décrit comme "Pénétrer dans l’abîme du calcul égoïste, c’est se laisser pénétrer par lui. Au regard des requins mercantiles qui le sillonnent, toute existence est une proie.", et puis ce retour violemment critique sur ses années situationnistes.

Ce n’est en rien un reniement, une repentance, mais au contraire une fidélité qui perçoit en quoi il s’en fallut de peu pour que le monde ne bascule. C’est à ce centre de gravité, qui est aussi un hymne à la vie, que Vaneigem garde son adhésion. Même si l’on peut contester sa perception des émeutes de banlieues, qui reste classiquement marxiste, les classes dangereuses sont forcément traîtres à leur cause, il n’en reste pas moins que c’est le seul situationniste qui a fait la critique salutaire d’un mouvement, indépassé à ce jour, non pour le calomnier, mais pour lui donner sa teneur la plus forte, directe. Versé dans l’alchimie des désirs, il change l’or noir des situationnistes, leurs sarcasmes, pour ne garder que leur joie d’être, leur insurrection. Cette irruption intense de vie qui échappe à la volonté de puissance, cette révolution personnelle, incalculable, Vaneigem nous en donne le legs, avec une générosité rare, un timbre de voix qui résonne, comme une injonction à changer le monde.  

mercredi 7 septembre 2011

Capítulo Tercero: De la ciudad y los espacios comunes

Es nuestro mundo, mundo urbano, en el que ya más de la mitad de los nacidos ha por hogar una ciudad. Es por ello que nuestras urbes, en tanto espacios de obligado encuentro, sean también de convivencia, y de política, y de democracia, como ya practicaran en la Antigüedad, y luego en la época de las revoluciones y conquistas urbanas.
Es así que la ciudad sólo puede ser casa del vínculo social, en el que cosas y personas se encuentran de maneras variopintas, dando nombre y consistencia a la comunidad. De lo que se deduce la forma en la que la ciudad se produce, ya que es en estos menesteres donde las relaciones sociales se facen y desfacen, haciendo de la ciudad espacio de vida. Pero siendo nuestras ciudades cada vez más dispersas, y estando cada vez más dispuestas en una multitud de fragmentos homogéneos, éstas se vuelven sitios enemigos e inhóspitos, donde las desigualdades de riqueza y fortuna campan a sus anchas.
Sea pues que si la ciudad es, como parece, espacio de vida y para la vida, donde necesidades colectivas y lazos sociales se deshacen y rehacen, no hay mayor urgencia que ésta y todos sus bienes sean declarados comunes. Que se ponga coto a las privatizaciones y fronteras que hoy en día se multiplican. Y que la ciudad sea objeto de derecho, derecho a la ciudad, en tanto garantía del poder de la comunidad sobre su propio espacio y formas de vida. Y para que esto sea así y no de otra manera, esta Carta establece lo que sigue.

Título tercero: La ciudad como soporte de los comunes


La ciudad es soporte de otros comunes que sobre ella se asientan. Es así que la ciudad es base material de otros comunales y a su tiempo provisionadora de múltiples riquezas. Bien gestionada, así, la ciudad puede convertirse en la mayor de las garantías de la buena vida y de la satisfacción de gran variedad de necesidades ahora insatisfechas.
Sin embargo, nuestros gobiernos, públicos y privados, han hecho de nuestras ciudades fuente de gran miseria, agotando el suelo que tan escaso se presenta, al igual que el agua y la energía. Éste es el caso de Madrid, en el que tiempo, agua y suelo se pierden en el estómago de una ciudad que nunca se amansa. Y en la que lo común se destruye por obra y gracia de intereses privados, crecimientos desmesurados y otros despilfarros desmadrados. A esta ruina de lo común ha seguido mayor desigualdad y penuria para los menos agraciados, que no teniendo recursos han quedado aún más pobres y aislados.
Art. 16. Son comunes los elementos que dan forma a la ciudad, el suelo, los equipamientos y la ciudad en su conjunto, siendo su importancia mayor en tanto sirven de soporte a otros bienes y riquezas, que por estar basados en lo común serán también comunes.

Art. 17. Son comunes los espacios públicos, en tanto espacios físicos compartidos, base para el encuentro, el intercambio y la asamblea pública. Son comunes las calles, plazas, parques y equipamientos públicos.

Art. 18. Es común el suelo urbano, urbanizable o por urbanizar, pues aquello que forma o formará parte de la ciudad no puede ser ni de beneficio, ni de interés privado. Y es así como la especulación cederá en buena proporción, para gran provecho de todas y todos.

Art. 19. Es común toda vivienda que no tanga ni ocupación, ni aprovechamiento, siendo desde hoy parte del Comunal de Inmuebles, que en justo reparto y aprovechamiento repartirá entre aquellos que no tengan techo. Queda así establecido que toda persona debe tener una vida propia, y digna, y merecedora de todo respeto; pues es derecho de todos y todas el acceso a una vivienda habitable, siendo habitable aquella que permite el bienestar. Y habiendo en Madrid tantas casas vacías sin más objeto que la especulación, lo que no genera sino tristeza y mayor pobreza, hay ya riqueza suficiente para repartir y no reparar en tanta penuria.

Art. 20. Son comunes la red eléctrica, las canalizaciones de agua, los embalses y todo aquello que a la ciudad trae la energía y el líquido elemento. Las juntas comunales constituidas al efecto promoverán la racionalización y reducción de su consumo, así como la organización y distribución ecuánime y democrática del mismo.

Art. 21. Son comunes vertederos, depuradoras, instalaciones de reciclaje y todo aquello que limpia y sanea la ciudad. Siendo objetivo de las juntas comunales la mejora de su gestión, que tenderá a reducir al mínimo los deshechos y reciclar aquello que sobre y se pueda aprovechar.


Título cuarto: Del espacio común de la ciudad


Son los espacios a la ciudad, lo que el esqueleto a los humanos. Lugares de encuentro y cruce, de amistad y diferencia. Pero siendo espacios de convivencia, lo son también de conflicto, ágoras de decisiones compartidas, así como de intereses contrapuestos. Así es que los espacios públicos son lugares políticos, donde la participación debe ser siempre bien provista como derecho sin exclusión.
Pero si esto así, hoy los espacios públicos son menguados, y aminorados, reducidos en lo que tienen de común, convertidos en privados, objeto de cambio entre administradores y empresas. Es por ello, que esta Carta ha por máximo objetivo la defensa de los espacios públicos como bienes comunes, lugar de asamblea y ventaja para una vida urbana más rica.
Art. 22. Queda aquí establecido que la ciudad habrá de adaptarse para que diversos y diferentes, infantes, jóvenes y mayores pueden habitarla y poblarla. Pues es derecho de todos y todas el acceso a los bienes y espacios que la ciudad proporciona. La ciudad no es, ni podrá ser, ciudad de fronteras.

Art. 23. Es propio del espacio público el libre tránsito y la liberad de uso, sin más restricción que la de aquellas acciones que perjudiquen al bien común.

Art. 24. La ciudad deberá tener las condiciones apropiadas para el desarrollo de la comunidad. Queda establecido por esta Carta que nadie podrá ser marginado, siendo abolidas toda las exclusiones visibles e invisibles que hoy tanto discriminan por color y sexo, gusto y edad.

Art. 25. Forman lo común las fiestas, los encuentros, la expresiones artísticas y la algarabía. Y como esto son menesteres necesarios para la buena vida del cuerpo y el alma, será el común y sus juntas comunales quienes se encarguen de facilitar su gestión para así evitar conflictos o usos inapropiados de los espacios comunes.

Art. 26. Es contrario a lo común la puesta de los espacios públicos al servicio de un único interés identitario, político o lucrativo. Los espacios públicos no podrán ser enajenados, cedidos o alquilados, por tiempo prolongado, a particulares o intereses privados.


Título quinto: De la ciudad como espacio de producción de valor común

La ciudad es territorio de gran riqueza. Hecha de tantos cruces y encuentros, de tantas gentes y tan diferentes, de tantas iniciativas y derechos, de gran memoria y mucho futuro, es de natural que de ella emanen oportunidades, negocios e infinidad de proyectos. Mas siendo todo ello posible por lo común, resulta que éste nunca viene reconocido. Así transcurren los años, y algunos van llenando sus arcas, aprovechando éstas y otras oportunidades, pero sin aportar ni crear nunca gran cosa para el común. O aún más, se quiere convertir la ciudad en un museo, o en una marca, con el fin de atraer personas y capitales, que según dicen proveerán buenas viandas y mayores riquezas. Pero lo cierto es que nada de esto ocurre. La situación degenera, convirtiendo la ciudad en una mina de la que sólo se extrae y nada se escapa. Y puesto que no hay vida buena cuando las plazas son museos, las calles escaparates y la ciudad una marca, esta Carta declara el fin de tales despropósitos, y reclama para lo común lo que sólo puede ser común.
Art. 27. Es común la vida de la ciudad, las formas de vida, las jergas y las palabras.
Art. 28. Son comunes la memoria, la belleza, el conocimiento y la sabiduría que hoy se contemplan en monumentos y fachadas.

Art. 29. Es común la expresión, la música y el arte.

Art. 30. Es común la diversidad en su diferencia.
Art. 31. Y siendo todas estas cosas comunes, son también comunes los aprovechamientos, las imágenes y la creatividad que de ellas emanan. No pudiendo haber por ello más riqueza que la colectiva.

Art. 32. Es derecho de toda persona la participación y disfrute de tales riquezas.

Art. 33. Mas como es imposible que esto no de forma a negocios y produzca dinero, se establece que de los beneficios que de los mismos se generen, todo lo que exceda al mantenimiento de la actividad y sus hacedores, irá a las Juntas Comunales, redundando todo ello en la mejora de lo común, y por ende en más riqueza.