SOURCE : DEDEFENSA
De plus en plus de gens, qui ne sont pas nécessairement les plus
pauvres et les plus exploités, estiment urgent de sortir rapidement de
ce
l'on appelle désormais le Système. C'est aussi et surtout la volonté
des centaines de milliers sinon millions de manifestants qui en
Europe, en Amérique et ailleurs désormais occupent des lieux
symboliques et défilent – pacifiquement – pour exprimer leur refus du
Système.
Une telle unanimité, qui ne semble pas sur le point de faiblir, mérite
d'être observée et étudiée sérieusement. Il s'agit de ceux désormais
nommés les Indignés.
Sortir du Système est un mot d'ordre politique qui transcende les
courants traditionnels de la gauche et de l'extrême-gauche. Aussi vague
qu'il soit, il réunit des activistes et militants qui le conçoivent en
termes d'objectifs de réforme radicale, sinon de révolution. Mais il
attire aussi l'attention d'un nombre croissant de théoriciens des
sciences humaines et des systèmes dits complexes, car la démarche
évoquée
oblige à l'actualisation d'un certain nombre de questions importantes,
intéressant la philosophie des sciences. Citons les principales :
Qu'est-ce qu'un Système? A quelles règles évolutives obéit-il? A quel
moment peut-on dire qu'il s'accomplit ou au contraire qu'il
s'effondre? Donne-t-il alors naissance à un nouveau Système?...
L'actualité politique en France et en Europe nous oblige en tant que
citoyens européens à situer ce débat dans la perspective de l'avenir de
l'Europe considérée comme un pouvoir géopolitique. L'Europe sera-t-elle
capable de s'autonomiser et de peser d'un poids suffisants face aux
autres grands Etats qui tendent, en bonne logique darwinienne, à
l'éliminer de la scène mondiale ?
Pour ma part, sans proposer de faire de ce premier document un plan
pour de futures discussions, je souhaiterais aborder les questions
suivantes, avec la plus grande liberté de forme possible