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lundi 20 février 2012

DE L'ABSURDE (SITUATION DE TRANSHUMANCE)

L'absurde de Camus venait du monde, de l’ontologie du monde et du sujet, tandis que le nôtre n’a même plus cette aura du surhumain, de la cosmogonie, de l’universel, du transcendent… La « Condition humaine » écrivait Malraux, on avait l’impression de la palper, dans l’action, l’engagement. Tandis que l’absurde d’aujourd’hui relève du déjà-vu, donc rien pour en faire une acceptation (Amor fati) c’est plutôt comme un rouage qui coince à cause d’un grain de sable que personne n’arrive à trouver, et pourtant c’est ce presque rien, qui bloque presque tout ! C’est ce qui est dingue aujourd’hui, on sent bien que tout pourrait s’arranger demain matin, si on le décidait. On est de l’autre côté de la feuille de papier.

Donc l’absurdité n’a plus rien de noble, ou de comique comme chez Beckett ou Ionesco, etc, d’existentiel, au contraire elle est contingente, c’est le ridicule de notre propre comportement qui lui correspond, autrement dit le mécanique plaqué sur du vivant mais plus du tout pour la bonne cause… ! Le libre-arbitre foutu collectivement, la liberté de ne rien pouvoir faire pour éviter le mur que tout le monde voit venir, de renier les valeurs fondamentale de l’humanisme qui était le nôtre, en sus… donc c’est vraiment le comble !
D’autant plus qu’il y a 20 ans ce système semblait avoir gagner une sorte d’universalité historico-mondiale. Marx se venge…

dimanche 1 janvier 2012

Situation de Transhumance (explore extinction highways)

La dissonance  interne au système le déchire de toute part et ne peut-être camouflé que par l'engourdissement sensible ou la fatuité morbide. 
Symptômes qui ne font rien à l'affaire. 
Ce qui camoufle étouffe.
Cette agonie au long cours que l'on appelle crise 
arrive à la phase aigüe de son évolution, l'effondrement. 
Le conflit ne peut plus être tu, 
la carapace de l'enfermement va sauter.

"Groucho, isn't it?"

*

« Aucune société ne peut vivre sans se donner une représentation d'elle-même. Cette représentation fait partie des significations imaginaires sociales corrélatives à son institution. Or, contrairement à toutes les sociétés précédentes, la société capitaliste ne se donne pas d'elle-même une représentation mythique ou religieuse ; elle veut s'en donner une représentation rationaliste qui soit en même temps sa « justification ». L'idéologie capitaliste est rationaliste : elle invoque le savoir, la compétence, la scientificité, etc. Le pseudo-«rationel» est la pièce centrale de l'imaginaire de cette société. Et cela vaut aussi pour l'idéologie marxiste, devenue religion laïque d'État. Je dis bien rationaliste et non pas rationnelle. Elle prétend à une rationalité vide et suspendue dans l'air, et que toute sa réalité contredit. Dans aucune autre société on ne constate cette antinomie entre le système de représentation que la société se donne d'elle-même, et sa réalité effective. La réalité d'une société archaïque, esclavagiste, ou féodale, est conforme à son système de représentations d'elle-même. Mais la société moderne vit sur un système de représentations qui pose la rationalité comme à la fois la fin et le moyen universel de la vie sociale — et qui est démenti par chacun de ses actes. Elle prétend être rationnelle — et produit massivement ce qui est irrationalité de son point de vue même. »

Cornélius CASTORIADIS,
("Une société à la dérive", 1977)

lundi 7 novembre 2011

Voie du funambule (situation de transhumance)


N. R. : Si on regarde bien la photo, on reconnaît les tours jumelles du World (Word) Trade Center !... Non seulement le Verbe, mais le bla-bla-bla aussi s'est effondré !... L'équilibriste a-t-il survécu ?...
M. K. : Philippe Petit vit, son support non.
"Le Funambule (Man on Wire) est un film documentaire britannique réalisé par James Marsh (en) en 2008. Le film retrace l'histoire de la traversée sur un câble d'acier par le funambule français Philippe Petit, à New York, entre les deux tours du World Trade Center, en août 1974." (extrait wikipedia) 

jeudi 3 novembre 2011

Comme un "effet de levier" (situation de transhumance)

« Je sais que vous les comptez [les peuples - aujourd'hui on dirait le peuple] pour rien, parce que la cour est armée ; mais je vous supplie de me permettre de vous dire que l’on doit les compter pour beaucoup, toutes les fois qu’ils se comptent eux-mêmes pour tout. Ils en sont là : ils commencent eux-mêmes à compter vos armées pour rien, et le malheur est que leur force consiste dans leur imagination ; et l’on peut dire avec vérité qu’à la différence de toutes les autres sortes de puissance, ils peuvent, quand ils sont arrivés à un certain point, tout ce qu’ils croient pouvoir. »
« Les peuples [le peuple] sont las quelque temps devant [avant] que de s’apercevoir qu’ils le sont. Ce qui cause l’assoupissement dans les États qui souffrent est la durée du mal, qui saisit l’imagination des hommes, et qui leur fait croire qu’il ne finira jamais. Aussitôt qu’ils trouvent jour à en sortir, ce qui ne manque jamais lorsqu’il est venu jusques à un certain point, ils sont si surpris, si aises et si emportés, qu’ils passent tout d’un coup à l’autre extrémité, et que bien loin de considérer les révolutions comme impossibles, ils les croient faciles ; et cette disposition toute seule est quelquefois capable de les faire. »

Extrait des « Mémoires » de Paul de Gondi, alias le Cardinal de Retz (1613-1679)

mardi 1 novembre 2011

Du grain à moudre (situation de transhumance)

La critique de la valeur digérer et diffuser  par les cercles institués:
André Orléan, L’Empire de la Valeur …

Comment expliquer que des millions de producteurs et de consommateurs séparés arrivent à se coordonner pour faire fonctionner des économies de marché ? Jusqu’ici, la pensée économique y a répondu en attribuant une valeur à chaque objet marchand, rendant ainsi les échanges possibles. Ce qui ne fait que déplacer la question : qu’est-ce qui détermine alors la valeur des choses ?
(…)
André Orléan pose, après René Girard, que les individus ne savent pas ce qu’ils désirent et que, pour déterminer ce qui mérite d’être acquis, ils regardent ce qu’achètent les autres, avant de suivre par désir mimétique. Ils vont alors décider d’obtenir les objets de prestige qui leur permettront de se différencier socialement. Et le premier d’entre eux est la monnaie, car sa liquidité, sa capacité à être acceptée par les autres comme pouvoir d’achat, est première. Ainsi, « la fascination pour l’argent est au fondement de toutes les économies marchandes. Elle en est l’énergie primordiale. »

vendredi 23 septembre 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE

L'âge des Tempêtes. 

C'est quoi?
C'est quand ça mouille. C'est comme le réel, quand on se cogne, c'est qu'on y est.

C'est quoi encore? C'est quoi cette expression que nous utilisons depuis quelques temps déjà. 
Elle fait référence à une suite qui nous tire de l'entre-deux, l'âge lamentable où apparemment rien ne bouge, en fait crédit à mort pour alimenter le cadavre du capital.

Enfin...nous y sommes, mais comme le dériveur ne voit pas ou plutôt ne peut voir la vague qui l'engloutit, on ne peut chevaucher l'ouragan et diriger la tempête. C'est donc le sentiment, aigu et diffus, mêlé donc, de ce qui s'invite là présentement.

mercredi 7 septembre 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE

 Entendu et vu ce jour, sur LCP, la chaîne parlementaire:

« Soyons pragmatiques, bâtissons une gouvernance (mondiale) sérieuse, crédible, et voyons par la suite si cela peut se démocratiser ».

Hubert VEDRINE (ancien ministre des affaires étrangères français)

mardi 6 septembre 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE

La ligne de front de la guerre au vivant passe par les innovations technologiques. C’est là que s’élabore la société de contrainte. Ne pas le voir, rester dans l'inertie du mouvement, c'est pourtant y collaborer activement.
 

« Imbéciles, ne voyez-vous pas que la civilisation des machines exige en effet de vous une discipline chaque jour plus stricte ? Elle l’exige au nom du Progrès, c’est-à-dire au nom d’une conception nouvelle de la vie, imposée aux esprits par son énorme machinerie de propagande et de publicité. Imbéciles ! comprenez donc que la civilisation des machines est elle-même une machine, dont tous les mouvements doivent être de plus en plus parfaitement synchronisés ! (…) Prenez garde, imbéciles ! Parmi toutes les Techniques, il y a une technique de la discipline, et elle ne saurait se satisfaire de l’ancienne obéissance obtenue vaille que vaille par des procédés empiriques, et dont on aurait dû dire qu’elle était moins la discipline qu’une indiscipline modérée. La Technique prétendra tôt ou tard former des collaborateurs acquis corps et âme à son Principe, c’est-à-dire qui accepteront sans discussion inutile sa conception de l’ordre, de la vie, ses Raisons de Vivre. Dans un monde tout entier voué à l’Efficience, au Rendement, n’importe-t-il pas que chaque citoyen, dès sa naissance, soit consacré aux mêmes dieux ? (…) l’Etat technique n’aura demain qu’un seul ennemi : « l’homme qui ne fait pas comme tout le monde » - ou encore : « l’homme qui a du temps à perdre » - ou plus simplement si vous voulez : « l’homme qui croit à autre chose que la Technique ».
Georges Bernanos, 1945, La France contre les robots

SITUATION DE TRANSHUMANCE

Il ne faut, je crois, se faire aucune illusion sur les capacités de mobilisation des « réseaux sociaux». Leur succès vient en grande partie d’une adhésion sans engagement, qui dans une société repue fera pschitt devant l’obstacle.
D’ailleurs, c’est par contraste ce qui fait la force des classes dirigeantes: admission à des clubs par cooptation, donc limitée et valorisante, rituels plus ou moins symboliques, valeurs communes et non pas valeurs ouvertes/relativisme culturel. 
ILS ONT UNE CONSCIENCE DE CLASSE.
Face à cette cohésion -qui rappelle le fonctionnement des sociétés dites primitives- , le troupeau se désagrège parce que contractuellement, chaque individu* n’a qu’à basculer un interrupteur pour repartir vivre dans un monde personnel moins .contraignant/exigeant.
Pour qu’il y ait action, il faudra qu’il y ait « coercition », souffrance éprouvée et reconnue; au niveau des groupes humains, la solidarité ne peut pas se résumer à la somme des humeurs individuelles du moment.

*Ermite de masse pour parler comme Gunther ANDERS

vendredi 5 août 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE (le reste/réflexion sur la fin de saison du Spectacle)

Le temps consacré à respecter les codes du salariat est énorme, surtout si l’on y intègre l’éducation – le temps passé à être préparé à les comprendre et les accepter -, la consommation – le temps passé à essayer de trouver un intérêt à avoir accepté ces codes -, les opiums – le temps passé à se défaire de la réflexion qui pourrait les remettre en question -, la retraite – le temps passé à se dire qu’on a bien fait, au final, de les accepter -, etc. 
Reste peu de temps pour le reste. Et peu de chances de pouvoir mener sa vie sereinement hors de ses codes : le salariat est une figure imposée, par nous.

jeudi 23 juin 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE

« Nous sommes à peine sur le seuil du plus profond, du plus sombre et du plus large Achab. Nous voilà avec notre corps debout dans le soleil comme un palais plein de merveilles, mais, vous qui cherchez la vérité, descendez sous les fondations, de cave en cave. Dans les profondeurs farouches de l’orgueilleuse construction de l’homme s’ouvre le vaste habitat des civilisations perdues ; et c’est là que sa grandeur essentielle est enracinée dans les ténèbres avec toute sa majesté : héros antique enseveli sous l’entassement des siècles. Les Dieux du ciel libre se moquent de ce roi prisonnier des écroulements de son trône. Mais lui, comme une cariatide accroupie, il porte sur ses épaules glacées l’accumulation des âges. Descendez jusqu’à lui avec l’orgueil et la tristesse de votre âme moderne et parlez à son vieil orgueil et à sa vieille tristesse. Vous retrouvez tout votre propre drame ? Oui, jeunes rois, le vieux roi sauvage connaissait déjà le secret éternellement sauvage de la race humaine. » Hermann Melville, Moby Dick

mercredi 22 juin 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE (ma sorcière bien-aimée)


 Sorcières, femmes, bûchers... quand la terre, comme les enfants et les bêtes étaient confiés aux femmes; sacrée et propriété de Dieu. A personne, et donc à tout le monde.
Chaque quintal de bois, chaque torture y a coûté son prix et ses réquisitions de terres, et son lot de destruction de forêts devenues cultures intensives.
Il a fallu 6 siècles de forclusion du féminin pour faire grandir la plante capitaliste sur le terreau du Patriarcat. Ses jeunes pousses en Allemagne étaient alors dominicaines. L’imprimerie comme tuteur, avec en lien le droit d’auteur et le Protestantisme pour fertilisant.

vendredi 17 juin 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE

On peut démissionner d'une secte politique, et, dans un Etat totalitaire, on peut au moins se réfugier dans "l'émigration intérieure"; mais il est aussi impossible pour l'homme capitaliste devenu auto-régulateur de démissionner du marché totalitaire que de son propre "moi", devenu "capital humain". La conscience est reliée au mécanisme omniprésent de la concurrence, obligeant à se mentir sans cesse à soi-même en raisonnant dans les termes de la Novlangue économique néo-libérale: "productivité déchaînée est expérience de soi", "l'auto-soumission c'est l'autoréalisation", "la peur sociale est l'auto-libération" etc. Cent ans plus tôt, Rimbaud avait déjà formulé de manière inégalée la schizo-devise de l'homme moderne: "Je est un autre".
 
"Etre libre" ne signifie dans ce monde rien d'autre que de savoir ce que Big Brother, c'est-à-dire le marché totalitaire, pourrait demander aux hommes, de le prédire et de s'y conformer dans une obéissance zélée et inconditionnelle – ou alors de rester sur le bord de la route, de perdre son existence sociale et de mourir prématurément. Il n'y a plus besoin de système de surveillance bureaucratique pour que ces sanctions s'exercent sur les "perdants". C'est parfaitement réglé par ce lugubre pouvoir anonyme de la machine sociale du capital devenu rapport mondial total. Le pouvoir des lois systémiques aveugles, violant les ressources naturelles et humaines, s'est émancipé de toute volonté sociale – et donc aussi de la subjectivité du management.

dimanche 22 mai 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE (ÉCHO DE DURRUTI)

Nous n’avons pas peur des ruines. Nous allons recevoir le monde en héritage. La bourgeoisie peut bien faire sauter et démolir son monde à elle avant de quitter la scène de l’Histoire. Nous portons un monde nouveau dans nos cœurs.

SITUATION DE TRANSHUMANCE

Des révolutions.
Les révolutions étaient le fruit spontané d’évolutions géostratégiques qualifiées d’historiques.
Ces goulots d’étranglements étaient suivis de contre-révolutions correctrices.
L’efficacité des révolutions et contre-révolutions laissant à désirer à cause d’un coût humain et économique exorbitant, nous avons vu fleurir les révolutions façon CIA, par le subventionnement massif des acteurs locaux comme stratégie de déstabilisation : Haïti, Amérique latine, Iran …
Imaginez une fausse révolution plus vraie que vraie en lieu et place d’une contre-révolution. Moins douloureuse mais ayant un résultat identique: une dictature.
Nous avons ensuite connu les révolutions colorées sans finalité ni but, façon match de foot. Les oranges contre les Rouges … L’idée était bonne et a bien fonctionnée mais cette structure est trop facilement reconnaissable et sa reproduction très limitée à cause des lenteurs de son organisation.
Enfin il se passe de drôles de révolutions par les temps qui courent !
Elles possèdent une même structure, un même mode opératoire quel que soit le lieu, la culture ou le contexte local… Nul besoin de construire patiemment et onéreusement des blocs antagonistes elles agissent comme une sorte d’agrégateur d’opinion dont le but est de mettre en mouvement
« M. tout le Monde ».
Remplacez les anciennes rédactions de presse par twitter et des journalistes engagés par de subtils modérateurs rompus aux techniques de manipulation et vous obtenez une forme de fabrication du consentement. Elles suivent les règles de base des « reality show ». Unité de temps infini: l’actualité en mode continu. Une seule unité de lieu symboliquement fort et clos, facilement exploitable par les médias. (par exemple une place au milieu d’un tissu urbain dense avec un fort potentiel de participants)
Et voilà que le 21° siècle essaie de nous faire gober la « Révolution Participative Universelle » qui serait mère de toutes les démocraties.
Partie du moyen Orient, la voilà qui débarque en Europe. Aucune cause, aucun but, des intervenants acteurs d’un happening quotidien. Peu de dégâts, peu de coupables, une révolution sans conséquence. La révolution comme un coup d’éponge sur un tableau noir, on efface le roman précédent sans en écrire un autre.
La révolution préventive. Construire une révolution qui « occupe » les gens avant que ne montent les ferments d’une vraie révolution. Les peuples vont connaître l’amnésie de l’instant présent quotidiennement renouvelé.
Elle est pas belle la vie ?