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lundi 7 novembre 2011

Nanoparticules : on vous l'avait bien dit (PMO)

Suite à l’annonce du Commissariat à l’énergie atomique sur les dangers des nanoparticules pour le cerveau, vous trouverez ci-dessous et en pièce jointe le communiqué de Pièces et Main d’oeuvre.

Merci de faire circuler,
Pièces et Main d’oeuvre

***

On vous l’avait bien dit

Les nanoparticules, c’est bon pour l’industrie de la contrainte


« Des chercheurs du CEA et de l’Université Joseph-Fourier ont mis en évidence que des nanoparticules de dioxyde de titane (nano-TiO2) altèrent une barrière physiologique essentielle pour la protection du cerveau : la barrière hémato-encéphalique. (…) Ces résultats suggèrent que la présence de nano-TiO2 pourrait être à l’origine d’une inflammation cérébro-vasculaire. Ils suggèrent également qu’une exposition chronique, in vivo, à ces nanoparticules pourrait entrainer leur accumulation dans le cerveau avec un risque de perturbation de certaines fonctions cérébrales. »

Dans ce communiqué du 26 octobre 2011, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) confirme, huit ans après, les informations de Pièces et main d’oeuvre : les nanoparticules fournissent à l’industrie du cancer et des maladies neurodégénératives sa prochaine épidémie.

Depuis 2003 et le premier numéro du bulletin Aujourd’hui le nanomonde,[1] nous dénonçons les promoteurs grenoblois des nanotechnologies – Destot, Fioraso, Vallini, Therme et tout le techno-gratin – qui investissent dans les progrès de l’empoisonnement et dans le cercle mortifère de la croissance économique : plus de toxiques innovants égale plus de malades résolument modernes, donc plus de recherche de pointe pour découvrir les traitements du futur.

Ce 26 octobre 2011, le Commissariat à l’énergie atomique, qui pilote la recherche française en nanotechnologies, admet que nous avions raison. Michel Destot, maire PS-CEA de Grenoble, ne commentera pas le communiqué de son ancienne maison. Lui, l’ingénieur atomiste qui n’a toujours pas réagi à la catastrophe nucléaire de Fukushima, n’avouera pas ses mensonges de 2006, lorsqu’il proclamait en tribune, pour l’inauguration de Minatec : « Car enfin ! de quoi parlons-nous ? D'une révolution technologique majeure porteuse de nombreuses promesses pour notre santé, notre qualité de vie, l'avenir environnemental de la planète, etc. »

Au CEA, il faut distinguer les équipes qui produisent les cancers – après le nucléaire, les nanoparticules – et celles qui prétendent les guérir.
C’est pourquoi on n’entendra pas non plus les responsables de Clinatec, la clinique expérimentale du CEA-Minatec destinée à nous mettre « des nanos dans le cerveau »[2] , à propos du communiqué alarmant de leurs collègues. Comprenez bien : le dioxyde de titane nanométrique, dont on produit deux millions de tonnes par an dans le monde, pour en truffer les crèmes solaires, le dentifrice, les peintures murales, le béton et les vitrages autonettoyants, fait en ce moment son chemin dans des millions de cerveaux, promettant aux bidouilleurs de Clinatec des débouchés inespérés. Un fabuleux marché pour leurs implants électroniques cérébraux destinés à corriger les symptômes de la maladie de Parkinson, d’Alzheimer, et des désordres psychologiques provoqués par les agressions chimiques. Après les pesticides et les métaux lourds, place aux nanoparticules (au fait, l’étude du CEA porte sur le dioxyde de titane, mais nous vous en annonçons autant pour les nanotubes de carbone, encore plus répandus dans notre environnement).

Ayant contaminé l’environnement au point de déclencher des pandémies de cancers et de maladies neurodégénératives, les docteurs Mabuse du CEA vous proposent leurs dernières innovations neurotechnologiques pour piloter votre cerveau et vous soumettre à la contrainte électronique, au prétexte de vous soigner. Voilà pourquoi, depuis plus de dix ans, nous dénonçons les nécrotechnologies et le chantage à la santé des technarques qu’il faudra bien, un jour, juger pour leurs malfaisances.


Pièces et main d’oeuvre
Grenoble, le 27 octobre 2011

[1] Cf Aujourd’hui le nanomonde. Nanotechnologies, un projet de société totalitaire. Pièces et main d’¦uvre (Editions L’Echappée, 2008)

[2] Pour en savoir plus sur Clinatec et les neurotechnologies, lire L’industrie de la contrainte, Pièces et main d’oeuvre & Frédéric Gaillard (Editions L’Echappée, oct. 2011)

samedi 29 octobre 2011

Ballade dans le système anthropotechnique

source : dedefensa


Après la définition d’ordre très général d’un système j’aimerais continuer à vous présenter mes pérégrinations dans le monde psychique en appliquant de manière plus concrète les définitions d’un système au système anthropotechnique, pour reprendre le vocabulaire de JP Baquiast.

J’insisterais d’abord sur 2 points de la définition.

• Un système social est un système psychique c’est à dire qu’il vit dans le monde immatériel de la pensée et sa base est un ensemble de concepts fondateurs.

• Un système est une entité a part entière, une entité psychique vivante, qui donc va chercher à se perpétuer. Un système a donc une volonté, même inconsciente, qu’il exerce pour se perpétuer.

A partir de cela nous allons donc tenter de définir plus avant le système occidental.

dimanche 25 septembre 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE

Il n’y a pas que les Etats qui réduisent violemment la voilure, les grands groupes aussi à l'image de VEOLIA (voir le paragraphe « accélération du recentrage des opérations du groupe », ça a l’air anodin mais c’est du brutal).


 Avant il fallait diversifier, maintenant il faut recentrer.
 
C’est beau la foi.

mercredi 21 septembre 2011

Selon LEAB le "Perfect Storm" c'est pour Novembre

Crise systémique globale - Quatrième trimestre 2011 : Fusion implosive des actifs financiers mondiaux


Comme anticipé par LEAP/E2020 depuis Novembre 2010, et répété à plusieurs reprises jusqu'en Juin 2011, le second semestre de 2011 a bien débuté par une rechute brutale et majeure de la crise. Près de 10.000 milliards USD des 15.000 milliards d'actifs-fantômes annoncés dans le GEAB N°56 sont déjà partis en fumée. Le reste (et probablement beaucoup plus) va s'évanouir au cours du quatrième trimestre de 2011 qui sera marqué par ce que notre équipe appelle « la fusion implosive des actifs financiers mondiaux ». Ce sont les deux principaux centres financiers mondiaux, Wall Street à New York et la City de Londres, qui vont être les « réacteurs privilégiés » de cette fusion. Et, comme prévu par LEAP/E2020 depuis plusieurs mois, c'est la solution des problèmes de la dette publique de certains Etats de l'Euroland qui va permettre à cette réaction d'atteindre sa masse critique, après laquelle plus rien n'est contrôlable ; mais c'est aux Etats-Unis que se trouve l'essentiel du carburant qui va alimenter la réaction et la transformer en choc planétaire réel (1). Depuis Juillet 2011 nous n'avons fait qu'entamer le processus qui conduit à cette situation : le pire est donc devant nous et très proche !

Dans ce communiqué public du GEAB N°57, nous avons choisi d'aborder très directement l'immense opération de manipulation qui est organisée autour de la crise grecque et de l'Euro (2), tout en décrivant son lien direct avec le processus de fusion implosive des actifs financiers mondiaux. Par ailleurs, dans ce GEAB N°57, LEAP/E2020 présente ses anticipations du marché de l'or pour la période 2012-2014 ainsi que ses analyses sur le néo-protectionnisme qui va se mettre en place à partir de la fin 2012. Outre nos recommandations mensuelles sur la Suisse et le Franc suisse, les devises, l’immobilier et les marchés financiers, nous présentons également nos conseils stratégiques adressés aux dirigeants du G20 à moins de deux mois du sommet du G20 qui se tiendra à Cannes.

vendredi 8 avril 2011

DREAMS...

« Svetlana Alexievitch, écrivaine biélorusse,
……
C’est le 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. L’histoire est-elle ironique ?
Le monde n’a pas tenu compte de la première leçon atomique. La recherche sur les sources d’énergie alternative est encore l’apanage de gens qu’on ne prend pas au sérieux, alors qu’elle doit être l’affaire de tous. Le rationalisme est dans une impasse. D’où un sentiment suicidaire.
 Dans le film de Kurosawa, personne ne sait rien. Seuls quelques scientifiques de l’atome connaissent la vérité. L’un d’entre eux est tellement désespéré qu’il saisit son cartable et s’en va dans l’océan pour se suicider, de repentir. Il comprend que son cartable ne contient pas des plans d’avenir, mais des vieux manuscrits, la destruction du monde. 




Le tsunami au Japon a transformé le progrès en cimetière.  »


http://www.liberation.fr/monde/01012326481-la-lecon-de-tchernobyl-n-a-pas-ete-apprise

jeudi 24 mars 2011

FUKUSHIMA, SYMPTOME D’AGONIE, DEBORDEMENT DE COMPLEXITE

Imbrication humaine des causes

D’après les informations qui nous ont été données, le tremblement de terre du 11 mars au Japon a normalement déclenché la procédure de mise en sécurité de la centrale nucléaire de Fukushima. Puis le tsunami est arrivé et a noyé les pompes de secours de refroidissement des réacteurs. Pour une panne d’électricité, la vie de millions de gens est mise en danger et une portion inconnue du tout petit territoire japonais risque d’être stérilisée pour longtemps. Des faits naturels se conjuguent dans une catastrophe où les conséquences apparaissent disproportionnées aux actions subjectives qui ont été effectivement engagées ou qui pouvaient être engagées pour les éviter.
La disproportion met en regard des pertes incalculables en vies humaines et en dégradation du milieu de vie avec un investissement et un objectif initiaux qui avaient un certain prix ; un investissement qui a « économisé » la vie humaine mais bien en deçà de ce qui avait été promis. Des options ont été prises à l’origine de la centrale électrique accidentée. Un projet avait été défini dans lequel un certain calcul faisait apparaître que l’électricité nucléaire à produire vaudrait globalement plus que les dépenses de conception, de construction et d’entretien sur toute la durée de vie de l’infrastructure. La comparaison du projet avec des modes alternatifs de production de la même quantité d’électricité, disponibles au même moment, avait laissé penser que le nucléaire rendrait la plus grande valeur. Le même objectif de production serait atteint à moindre coût avec les réacteurs de Fukushima. Mais que contenait vraiment l’objectif ?
En prix humain, la catastrophe en cours révèle une immense erreur de calcul. L’investissement et les coûts engagés jusqu’au tremblement de terre sont assimilables au versement d’une prime d’option dont le prix nominal a été le chiffre d’affaires encaissé par l’exploitant Tepco. L’échéance de l’option était la durée de vie prévisionnelle de la centrale électrique. Le contrat nominal sous-jacent au chiffre d’affaires prévisionnel était l’ensemble des normes techniques, sanitaires et politiques impliquées dans l’autorisation formelle publique à produire de l’électricité nucléaire. Tout le calcul financier à l’origine de la construction de la centrale s’est fondé sur une séparation politique normative de l’acceptable et de l’inacceptable ; et sur une anticipation de la disponibilité des techniques requises au respect des engagements pris. L’erreur de calcul bien apparente après la catastrophe se trouve donc dans la délimitation juridique même du civilement acceptable, donc dans l’évaluation des techniques propres à respecter les normes retenues et enfin dans l’effectivité des contrôles réalisés pour garantir le prix de revient anticipé de l’électricité produite.

Le risque de méconnaissance de la réalité

Le drame de Fukushima révèle une dimension tout à fait sous-estimée du risque des projets humains. Le risque n’est pas la seule imprécision des calculs financiers de rentabilité, c’est à dire la possibilité d’un prix de revient supérieur en fin de compte au prix de vente, mais le défaut d’identification des causes possibles de perte de valeur. Plus grave, les causes inconnues de non-valeur contiennent la possibilité de détruire l’homme lui-même ; de mettre fin à tout calcul. Plus grave encore : bien que l’homme connaisse depuis quelque temps sa capacité à s’autodétruire, il ne l’intègre pas dans ses anticipations d’erreur. Il n’a pas changé son mode de gouvernement qui consiste à laisser à quelques-uns la responsabilité d’engager la vie des autres sans avoir à répondre effectivement et concrètement d’intentions véritables ni des dégâts effectivement provoqués. Le coût humain des décisions engagées est arbitrairement pris en compte dans le calcul économique sans consultation ni information des personnes concernées.
Les accidents nucléaires se succèdent pour confirmer l’inadaptation des cadres nationaux de réglementation, de normalisation et de contrôle de cette industrie à l’emprise des projets engagés. Des autorités nationales publiques et privées n’ont nulle part toute la compétence, l’indépendance et l’objectivité requises pour juger du prix réel de leurs projets. Si le Japon peut légitimement estimer qu’il ait un besoin justifié d’électricité nucléaire, il apparaît absurde après la catastrophe de Fukushima d’avoir construit des réacteurs en zone sismique exposée aux tsunamis. Il est tout aussi absurde du point de vue de la proximité géographique et économique que l’Allemagne et la France n’aient pas de politique nucléaire commune. La catastrophe de Tchernobyl et celle de Fukushima montrent qu’aucun gouvernement ni aucune nation, et encore moins une entreprise, ne peut avoir une appréciation humainement objective et juste de sa politique nucléaire.
Ni les individus, ni les collectivités aussi grandes soient-elles n’ont une appréciation fiable de leurs propres intérêts ni des intérêts des autres. Les externalités qui déterminent l’intérêt humain peuvent peser bien davantage que la rationalisation qu’il produit. Il est des enjeux, soit par l’universalité de leurs conséquences, soit par la complexité des technologies utilisées, soit par l’étendue de leur emprise sur le milieu de vie naturel, qui dépassent la compréhension que les regroupements d’hommes peuvent en avoir, fussent-ils particulièrement éclairés et clairvoyants. Une hypothèse fondatrice du capitalisme libertarien actuellement en vigueur est contredite par la catastrophe de Fukushima. Ni les individus, ni les collectivités ne sont capables dans leurs projets même avec toute la science humaine à portée de main d’anticiper et d’éviter des erreurs d’appréciation qui compromettent l’avenir de l’humanité tout entière.

Ontologie de l’erreur capitaliste

Par capitalisme, il faut entendre le sens étymologique de la valeur produite par la tête ou une combinaison de têtes. Par libertarien, il faut entendre le choix de reconnaître une valeur absolue à la liberté d’un seul ou de quelques-uns sans que les autres n’aient un avis à donner. Fukushima est un produit du capitalisme libertarien même dans le pays de la cohérence sociétale. Un seul pays, une seule technocratie, une seule entreprise, un seul ensemble de consommateurs d’électricité ont pu décider d’engager un projet sur une vision partielle et partiale de la réalité qui engage toute l’humanité. La modélisation des entreprises humaines par la structure d’option permet de démontrer l’inanité économique de l’hypothèse d’une information optimale de l’offre par la demande dans le prix. L’option nucléaire de Fukushima fournit un exemple du principe de falsification que contient intrinsèquement le capitalisme libertarien contemporain ignorant la définition délibérative du bien commun.
Le résultat de l’option de Fukushima est l’incommensurable moins-value de la pollution radioactive engendrée par la perte d’intégrité physique de la centrale. Le prix promis de la production électrique de cette centrale se révèle faux. Les spécifications techniques, les contrôles et les procédures de sauvegarde qui constituaient le nominal de l’option ne remplissent pas l’objectif de sécurité vendu à l’origine de la centrale. Tout l’argent investi dans la centrale de son origine à sa destruction ne couvre pas la perte de valeur finalement obtenue. La prime investie depuis l’origine du projet a été calculée pour une rentabilité théorique qui ne préservait pas vraiment la valeur humaine. La perte occasionnée est supportée par la société japonaise tout entière et par toutes les victimes inconnues de la catastrophe.
On objectera que ce qui est arrivé n’était pas prévisible et ne pouvait pas être évité. Peut-être. Mais tout n’a pas été fait pour minimiser dans le réel les conditions de probabilité d’une tragédie. Si la nature optionnelle de la valeur économique avait été assumée, le projet de Fukushima aurait été conduit autrement. Toutes les causes du prix réel de l’électricité de cette centrale-là auraient été cotées sur un marché d’options humaines. Toute l’information nécessaire à une décision éclairée aurait été inventoriée, discutée, appréciée et perpétuellement réévaluée pour contenir le projet dans un canal de responsabilité effective de la valeur produite dans la valeur attendue. La réalité n’aurait pas été déterminée par le prix d’intérêts particuliers mais par la valeur universelle d’un objectif de production électrique au prix opté par tous ceux qui en assument le risque.

Savoir transformable en valeur

Le mode actuel de décision capitaliste repose sur une liberté de marché fantasmée par des individus mal associés. La liberté limitée aux détenteurs autoproclamés du capital est vouée à s’échouer sur la réalité universelle qu’elle ne peut réduire. Ce système de décision prétend limiter la mesure des biens aux prix nominaux négociés à l’intérieur d’une oligarchie d’un savoir confiné. Les sujets d’intelligence, de volonté et de choix ne sont pas identifiables ni consultés à l’extérieur de l’oligarchie enfermée dans ses limites. La prime des options prises par les sachants et les puissants n’est pas librement négociable. Le savoir et la puissance ne sont pas vérifiables par des savoirs et des potentiels humains différents. Celui qui croit à la justesse d’une option ne peut en acheter la prime. Celui qui voit une erreur potentielle ne peut s’en prémunir en vendant la prime.
Ce capitalisme libertarien anticipe des prix nominaux sur l’hypothèse invérifiable du bien représentable par quelques-uns. Il ne capitalise pas les primes d’option de toutes les causes possibles d’un bien commun infini a priori. Le développement exponentiel des produits dérivés sur les trente dernières années montre l’extraordinaire fertilité de l’intelligence humaine à modéliser les réels possibles pour en anticiper le prix. Mais si les possibilités du réel ne sont pas clairement exposées et accessibles à l’ensemble de ses sujets, le prix nominal établit un privilège de valeur. La réalité devient un bénéfice restreint à quelques-uns alors que les pertes d’anticipation retombent sur tous. Si l’économie de la réalité possible est délibérément exposée à l’analyse ouverte de toute intelligence, le choix du prix nominal repose sur l’information la plus élargie de l’intérêt à faire et consommer ; une information qui ne soit pas exclusive de l’intérêt à ne pas faire pour ne pas mettre la vie personnelle en danger.
Si la capitalisation du prix de la valeur projetée est fondée sur des primes d’option de la réalité nommée sans exclusive, elle pose des limites de réalité objective au nominalisme politique, juridique, scientifique et financier. Appliqué au développement d’une centrale nucléaire, l’évaluation optionnelle du projet part des premiers plans jusqu’au démantèlement complet des installations après utilisation. Le prix d’une centrale nucléaire implique que la technologie qu’elle emploie soit décrite et déposée. Les ingénieurs qui croient à l’application de la technologie dans un projet identifié en garantissent l’exécution en touchant la prime d’option tandis que les ingénieurs qui croient à la surestimation de la valeur des plans vendent la même prime en tant qu’assurance du prix de la moins-value qu’ils anticipent.

Option de réalisation de la valeur nommée

Une même prime rémunère une réalisation pour son vendeur, ou bien l’incertitude du prix réel à terme pour son acheteur ; la prime représente le prix du risque, c’est à dire la possibilité de réalisation ou de non-réalisation du prix aux échéances définies. La certification technologique de valeur des plans déposés n’a de sens qu’à travers les théories scientifiques qui les sous-tendent et à travers les normes du vivre ensemble qui structurent l’élaboration et l’application concrète des théories. La loi légale nomme les normes du vivre ensemble qui produisent les lois scientifiques qui rendent la réalité transformable. L’optionalité d’une technologie est elle-même réduite, rationnellement nommée, par l’optionalité des conditions de son application. Les scientifiques achètent la prime des ingénieurs qui couvrent l’option des technologies employées ; la société politique achète la prime de la science produite, enseignée et évaluée par ses applications concrètes.
La fiscalité et les prélèvements d’assurance de la société politique sont des primes de valeur de l’agence économique dans l’État de droit. Tout citoyen est protégé par la prime publique à remplir ses engagements économiques. Les primes fiscales et sociales financent la régulation par production d’un cadre humain de renégociation permanente des primes d’option ; les primes publiques sont investies dans l’intégrité de jugement des agents économiques et dans la réparation des pertes de valeur non portées des engagements nominatifs. La finalité de l’État de droit est d’assurer l’universalité de la valeur de l’option de continuité sociale entre le prix de la réalité effectuée, la nomination de cette réalité et la réparation des erreurs de réalisation des promesses de prix.
La négociation transparente à toute personne des options de prix de tout objet garantit une réalité présente et permanente à l’annonce de toute valeur en monnaie. La monétisation du prix est l’engagement en droit d’une option de réalité nommée au présent dans la prime et nommée à l’échéance de l’option sous le prix nominal d’une livraison conforme à la promesse d’origine. Par le paiement de la prime, la société exige la réalité de la valeur anticipée par l’engagement d’un vendeur du nominal déposé dans le marché. L’achat obligatoire de la prime de tout objet intéresse toute la société à développer sa connaissance de la réalité afin de transformer les primes réglées en plus-value de prudence. Les prix nominaux sont garantis par le savoir personnellement engagé de réalité. La plus-value est subordonnée à la vérification du savoir par la démocratie des personnes.

Monnaie de droit humain accompli

La validation du savoir transformé par l’option à agir induit la métamorphose de la monnaie. Le signe monétaire n’est plus seulement une représentation de la possibilité du prix et du calcul de la valeur mais l’engagement réel de reconnaissance des personnes dans une société politique identifiable et responsable. L’émission monétaire sous-jacente à l’option du prix est conditionnée par l’application d’une loi de souveraineté. Entre des souverainetés différentes, la valeur de la Loi applicable doit être mesurable par une convertibilité légale de monnaies de nationalités différentes. Un prix dans une monnaie doit avoir valeur légale dans une autre monnaie par l’optionalité garantie du change. Et la prime de la Loi dans une monnaie doit être légalement calculable hors d’une loi nationale particulière. Une société de droit qui nomme, négocie, anticipe et garantit tout ce qu’elle produit est obligée de se garantir elle-même. Tout étranger manifeste son intérêt à investir et tirer un bénéfice personnel de la valeur réelle d’une nationalité en achetant la prime de change dans une monnaie internationale ou en vendant des actifs dans la monnaie nationale.
Si la logique d’information des objets de valeur par la nomination en droit, en prix et en prime de la réalité future, garantit la valeur universelle d’une transaction à l’intérieur d’une souveraineté nationale, elle la garantit tout autant à l’extérieur. A la condition d’une négociation de l’option de change du prix de la monnaie nationale dans les mêmes règles de transparence adoptées par les nationaux ; à la condition donc d’un marché international d’option où toute transaction en monnaie nationale soit convertible en monnaie internationale garantie par l’achat effectif de la prime de change. La continuité financière entre la réalité, le droit et les engagements économiques à l’intérieur d’une souveraineté s’étend par la monnaie internationale à n’importe quelle autre souveraineté engagée dans le principe de réalité du prix par l’option du droit des personnes.
L’option négociable dans un marché d’égalité des droits entre personnes est un puissant outil de définition de la réalité, de réalisation du droit à produire et de reconnaissance des sujets de la valeur universelle. Fondée sur la responsabilité intelligente de toute personne conviée sans réserve à la transformation du réel effectivement demandée par la société politique, l’option mobilise la seule ressource humaine qui puisse réduire la complexité d’un univers partiellement perceptible, partiellement libre de la volonté humaine, partiellement intelligible et partiellement explorée. L’homme sait depuis qu’il s’est engagé dans la civilisation qu’il ne peut servir à la fois son humanité et l’argent. S’il accapare la matérialité de la monnaie pour lui-même, il détruit la société qui le relie à la réalité.

Ethique monétaire

L’argent est bien la réalité économique quantifiée de la relation de transformation du monde par l’homme ; il est impossible de ne pas détruire l’homme et le monde sans séparer à l’intérieur de la monnaie, la matière de valeur, l’intelligence de transformation, la finalité du calcul économique et la mesure effective de la réalité. Toute confusion des différents prix détruit l’anticipation humainement vraie de la réalité. Il est impossible d’opérer la distinction monétaire des vraies causes de la valeur sans l’option discutable dans la démocratie. Sans le marché ouvert des options des causes du prix, la ploutocratie élimine la discussion du futur. Fukushima est la conséquence ultime de la finance qui perd l’homme dans le calcul individualiste. Combien faut-il de vies sacrifiées pour instaurer la responsabilité politique et financière de la personne ?

SOURCE : pauljorion.com

mardi 15 mars 2011

SITUATION DE TRANSHUMANCE (constat)

la double enceinte de confinement des centrales Fukushima d’aujoud’hui est la double coque du paquebot Titanic d’hier, et la réforme du système financier de demain.

lundi 21 février 2011

Rupture psychologique

dedefensa.org

Il est hors de question de ne pas établir un lien serré entre tous ces événements qui déferlent à la vitesse d’un ouragan ou, comme disait l’avisée Hillary Clinton, à la vitesse-turbo d’un “perfect storm”… Tunisie, Egypte, Yemen, Bahrain, Libye, Iran, etc., sans compter les candidats (Jordanie, Arabie, etc.) qui se bousculent au portillon. Inutile de faire les comptes pour savoir qui l’emporte, inutile de chercher un sens politique, un sens géopolitique, un sens idéologique dans tout cela, car la chose reviendrait à se référer à des mesures d’un monde qui est en train de s’effondrer et de disparaître.
Vous ne pouvez pas ne pas ajouter à cette liste le cas du Wisconsin, parce que les protagonistes eux-mêmes en ont décidé ainsi («From Cairo to Madison Workers Unite», un des slogans des manifestations massives à Madison, capitale de cet Etat de l’Union). Le Wisconsin est essentiel pour sa formidable puissance symbolique d’un lien de révolte établi entre les pays marginaux, de seconde zone, les handicapés de la civilisation, les inaptes à la démocratie sinon à coups de bombes intelligentes et de leçons de morale politique d’Hillary Clinton, – et le cœur profond du phare de la démocratie de l’American Dream, qui se trouve plongé dans les mêmes tourments psychologiques… Peu nous importent les différences entre ces mondes, entre ces gens, entre leurs revendications, entre leurs modes de vie, entre leurs conceptions, toutes ces mesures qu’on a l’habitude depuis des décennies, et peut-être plus encore, de solliciter pour faire subsister des antagonismes arrangeants et éviter d’aborder les questions fondamentales de cette crise terminale, et pour éviter de décrire selon cette démarche dialectique tactique chère au Système l’état “d’un monde qui est en train de s’effondrer et de disparaître”. Quelque chose de plus puissant que tout cela les unit.
Selon cette approche, il ne nous importe guère de connaître les revendications des uns et des autres, et si elles seront satisfaites, et si telle ou telle “révolution” ira à son terme ou sera récupérée, etc. Il ne nous importe guère de savoir si, ici ou là, un grand mouvement réformiste ou révolutionnaire est en marche, ou bien si tel grand projet réformiste ou révolutionnaire n’a aucun chance. Il ne nous importe guère de savoir si celui-là est plus de gauche que de droite, celui-là plus conservateur que progressiste, celui-là plus zélé croyant que Tartempion. On ne bâtit pas un “monde meilleur” à partir des éléments fondamentaux d’un Système qui est “la source de tous les maux”, sans avoir mis à jour et détruit tous les composants de ce Système, sans avoir parfaitement identifié la structure et les fondements de ce Système maléfique. Ce n’est pas un travail d’expert, de politologue, ni même de philosophe de la modernité. C’est un travail de la psychologie du monde, atteignant une dimension collective sous l’empire de l’“intuition haute” pour ce cas, qui doit s’imprégner des enseignements fondamentaux des grands courants métahistoriques en train de souffler sous la forme du “perfect storm” d’Hillary, – et chacun en ayant sa part, y compris Madison, Wisconsin.
Dans cette phase de la crise, nous faisons grand cas du système de la communication. Ce Janus est un diabolus ex machina qui a trahi son camp, c’est-à-dire le Système. Sa représentation technique et technologique, c’est notamment le foisonnement des réseaux, d’Internet et tout ce qui va avec. Nous en avons parlé avant-hier pour commenter les mines hagardes des chefs des services de renseignement US devant les sénateur («We are not clairvoyant»). A notre raisonnement sur l’importance de ces choses, on opposerait des considérations techniques sur le contrôle d’Internet par les autorités contre les révoltés qui en useraient, paraît-il, pour développer et structurer leurs mouvements. C’est ne pas comprendre le sens de notre argument ; les raisonnements qu’on oppose ne sont pas faux mais ils sont, comme dit la langue de notre Système, “irrelevant” pour notre raisonnement. Ils parlent d’autre chose que ce dont nous parlons.
Nous ne voyons nullement la puissance rupturielle d’Internet et de tout ce qui va avec dans la capacité d’organisation, de coordination, de contacts entre les citoyens, etc., de tous ces moyens techniques… En d’autres mots, l’aspect “démocratique” (même si on le veut antiSystème, certes) ne nous intéresse pas dans ses effets d’organisation et d’évolution politique, car c’est là aussi renvoyer à ce “monde qui est en train de s’effondrer et de disparaître”. (D’ailleurs, on notera que c’est bien le Système lui-même qui a inventé l’idée d’un système de communication “démocratique” avec le Net, avec tant d’idée derrière la tête ; s’affronter sur cet aspect de la chose, c’est encore jouer avec les règles du Système, donc lui céder d’une façon ou l’autre, à un moment ou l’autre.) C’est en amont comme l’on dit (ici, nous sacrifions à la dialectique du Système, par politesse), que l’action de la chose est essentielle.
Quand les chefs des SR américaniste croulant sous les dizaines de $milliards de leurs budgets annuels vous disent qu’ils n’ont rien vu venir, il faut prendre ce qu’ils disent au pied de la lettre. Ils n’ont rien entendu, rien senti, rien deviné, du “perfect storm” en train de lever, – parce que, disent-ils plaintivement, comment distinguer les signes précurseurs de la chose entre les centaines de millions de correspondants de Facebook, de Twitter ou de tel système Tartempion. (Parce que, pourrait-on dire, il n’existe effectivement aucun signe précurseur, sur ces réseaux, qui soit de l’entendement des analystes de la CIA ou de la NSA, pour prévoir ce “perfect storm”.) L’enquête dont ils parlent, et où ils ont échoué, ne se place pas lorsque le “perfect storm” souffle, – à ce moment, effectivement, où l’on peut intervenir, couper tel réseau, intervenir contre tel autre… Mais à ce moment, il est déjà trop tard, et l’action des réseaux n’a plus du tout d’importance décisive, et par conséquent les actions répressives sur ces réseaux n’ont plus qu’une efficacité effective également d’une faible importance. Les gens sont déjà dans la rue, et, surtout, les psychologies sont déjà décisivement bouleversées et transformées en ce que nous nommerions une “psychologie de la révolte possible”. (Ce que Robert Fisk, dans The Independent du 19 février 2011 désigne ainsi, – contentons-nous du titre, à propos de Bahrain comme pour les autres cas, et tout est dit lorsque l'on voit ces manifestants hurler en offrant leurs poitrines au tir des mitrailleuses : «“They didn't run away. They faced the bullets head-on” – After Egypt's revolution, the people have lost their fear.»)
L’analogie avec les pays d’Europe de l’Est en 1987-1989 est bonne, mais elle est bonne psychologiquement. Il n’était pas question d’Internet, de Facebook, de Twitter à ce moment… C’est Gorbatchev, ce très grand homme d’Etat qui, éventuellement “à l’insu de son plein gré” (mais pas sûr, cela…), fit office d’Internet, de Facebook, de Twitter à ce moment ; c’est lui qui déclencha la “rupture psychologique”, qui fut le détonateur génial et inconscient, en faisant avancer de façon inconsciente dans la psychologie des gens que ce qui paraissait impossible était devenu possible, – la révolte, l’insurrection contre un système (le communisme ne mérite pas la majuscule dont nous ornons notre propre Système, n’étant qu’un sous-produit, ou sous-système à cet égard). La différence, aujourd’hui, avec Internet et le reste, c’est la rapidité et la diffusion à mesure de la chose ; non la rapidité et la diffusion à mesure des consignes, de l’organisation, etc., mais la rapidité du basculement, puis de la rupture psychologique qui précèdent les événements puisqu’ils les font naître. Ainsi ne voit-on pas venir ces événements et, lorsque Internet et le reste imposent leur puissance rupturielle il n’y a aucune raison pour que les directions politiques du Système interviennent contre eux puisque le processus n’est identifié par personne (y compris par ceux qui en bénéficient et voient leur psychologie transformée), puisque le processus n'est pas réalisable en pleine conscience. En cela, l’analogie 1989 s’avère sans doute insuffisante et sollicite le concours de l’analogie 1789 selon notre conception de l’événement.
Ainsi l’événement-2011 a-t-il des éléments de 1989, mais dépasse infiniment 1989 en ampleur, en puissance, en conséquence, justifiant notamment d’en appeler à 1789 pour le comprendre. Grâce à ce système de communication-Janus tel qu’on l’a décrit, dans son action rupturielle au moment où on le situe, hors des critères d’efficacité opérationnelle traditionnels, la “rupture psychologique” est globale, totale, insaisissable, et toujours en avance sur toutes les prévisions et analyses, et éventuelles impuissances des services de renseignement. Elle précède la conscience qu’on peut avoir de l’événement, elle est totalement imprévisible. Pour cela, elle est un facteur puissant d’“eschatologisation” de la crise, totalement hors du contrôle humain même si elle utilise sans la moindre vergogne et peut-être avec une jubilation dont on entendrait presque des échos, les instruments (Internet et le reste) développés par ce qu’on nomme “le génie humain”, cette fameuse raison humaine, sous strict contrôle du Système et du Progrès.
Ce qui se passe en ce moment, est-ce la poussée finale, – disons “la lutte finale”, pour faire délicieusement rétro ? Eh bien, figurez-vous que nous n’en savons rien, que nous serions bien en peine de faire une projection qui aurait la gloire d’être une divination en cas de réussite, et que finalement cela ne nous importe en aucune façon. Ce qui nous importe, c’est d’observer l’avancement extrêmement efficace du processus de destruction par déstructuration du Système, de l’identifier, de la mesurer, pour faire en sorte qu’on ne se trompe pas sur le sens des choses et qu’on ne prenne pas quelques vessies maquillées pour autant de lanternes de bon aloi, et une bataille manipulée par nos préjugés pour “la lutte finale”. Certains nous reprocheraient peut-être ce refus de la prévision ou cette attitude vis-à-vis de la prévision, – qui pour manque d’audace, qui pour impuissance à donner “de l’espoir” à ceux qui nous lisent en ne décrivant pas pour eux “les lendemains qui chantent”. Cette sorte d’argument nous confondrait par sa faiblesse et son obsolescence. Serait-ce manquer d’audace qu’annoncer, commenter et observer sans crainte l’effondrement d’un Système d’une telle puissance et d’une telle concentration maléfique en lui, au point qu’on peut en faire le Mal lui-même ? Serait-ce priver les autres d’espoir qu’annoncer, commenter et observer sans crainte ce qu’on juge être l’effondrement de ce que notre univers, aussi bien physique que métaphysique, peut nous offrir de plus maléfique ? Serait-ce manquer d’audace que de reconnaître qu’un événement d’une telle puissance bouleversera si radicalement tout ce qui forme notre univers, et particulièrement et par-dessus tout notre psychologie, qu’il est absurde et insensé de vouloir décrire ce qui lui succédera ?

Du fortuit à l’inéluctable

Répétons-le, – “Inutile de faire les comptes pour savoir qui l’emporte, inutile de chercher un sens politique, un sens géopolitique, un sens idéologique dans tout cela, car cela reviendrait à se référer à des mesures d’un monde qui est en train de s’effondrer et de disparaître.” L’aspect psychologique, qui est le caractère essentiel de ces événements (cf. l’ère psychopolitique), s’impose comme d’une importance infiniment plus grande que les autres aspects mentionnés ci-dessus, au point qu’on peut parler d’une nature différente. Plutôt que de proposer d’autres solutions à une situation de crise, comme ferait une évolution géopolitique ou économique qui resterait dans le cadre initial du modèle détruit, l’aspect psychologique ouvre une voie vers des attaques supplémentaires du Système et justifie de plus en plus la pensée de la destruction totale du Système. Grâce à cette évolution psychologique nous approchons, si nous ne l’avons atteint, du moment où l’argument TINA (There Is No Alternative) qui soutient le Système contre toutes les attaques se retourne absolument contre le Système : si vous avez des doutes dans votre jugement sur le Système, donc avec quelques appréciations encore favorables et par conséquent sans envisager qu’une condamnation complète et sans appel soit possible, vous êtes encore vulnérable à l’aspect totalitaire de l’argument TINA et vous y cédez ; si vous n’avez plus que des appréciations négatives sur le Système, TINA devient tout à coup, a contrario, un argument total de révolte et de destruction du Système (du type : “Puisque ce Système nous conduit à l’effondrement et qu’il affirme qu’il n’y a pas d’alternative à lui-même dans le cadre où il évolue, eh bien il faut le détruire, et le cadre où il évolue avec lui, pour ne pas être emporté dans son effondrement”). Soulignons bien qu’il n’est pas nécessaire d’avoir conscience de ce renversement complet de TINA pour y être soumis…
La question cruciale, centrale, fondamentale qui se pose est de savoir pourquoi cette rupture psychologique fondamentale, qui conduit à envisager des arguments aussi expéditifs (“ce Système nous conduit à l’effondrement”), aurait-elle lieu maintenant. D’abord, ces arguments expéditifs n’existent pas à l’origine de ces mouvements mais ils se créent, presque comme d’une génération spontanée, à mesure que ces mouvements se développent. Or, ces mouvements se développent comme s’ils avaient de très forts liens de situation entre eux alors qu’ils n’en ont guère qui justifient de tels phénomènes de “génération spontanée” d’une appréciation catastrophique du Système. Le seul lien est effectivement psychologique, et l’événement originel, tout déplorable qu’il soit (une immolation par le feu, par exemple), est souvent d’une importance extraordinairement faible par rapport à l’effet généré. D’autre part, on ne voit pas que la situation justifie plus, aujourd’hui qu’hier, l’une ou l’autre réaction qui se développe, même dans les événements les plus compréhensibles. (Par exemple, la révolte de Madison n’intervient pas parce que l’Etat du Wisconsin s’effondre, – collapsus du à sa dette publique, une des catastrophes annoncées par l’une ou l’autre prospective économique, – mais parce que l’Etat du Wisconsin, après tant d’autres pouvoirs publics et avant d’autres, et de la même façon, veut commencer à réduire son déficit public.) Il y a un extraordinaire aspect fortuit dans l’origine ou les origines du phénomène général et un extraordinaire aspect inéluctable dans l’enchaînement des conséquences pourtant sans liens apparents entre elles. C’est à ce point que, “techniquement” si l’on veut, nous rappelons notre hypothèse du développement du processus, – ou comment le fortuit peut créer l’inéluctable :
«[L]information a abandonné sa définition réduite à son seul caractère informatif, elle est devenue un acteur même de la bataille où s’affrontent la subversion du Système et la recherche de la vérité par la résistance au Système, et un acteur créateur de l'événement. Ainsi devient-elle formatrice des “révolutions” par le biais des flots extraordinaires institués par le système de la communication au nom du Système, et retourné contre le Système. En quelque sorte, l’information devient créatrice de l’événement dont on jurerait pourtant qu’elle n’a pour seule fonction que de le décrire… […]
»En face [du Système] s’est constituée, cette fois avec des conséquences immédiates redoutables, et qui s’enchaînent les unes après les autres (Tunisie, Egypte, Yemen, etc.), une dynamique autonome qui semble avoir sa propre spécificité, qui poursuit son propre but. Même ceux qui en profitent et qui l’animent semblent en être les instruments bien plus que les manipulateurs, et ainsi en arrive-t-on à des “révolutions” sans tête, sans véritable but, sans véritable prise de pouvoir et ainsi de suite, dans tous les cas selon les normes humaines de ces différents aspects, dont l’effet est une déstructuration de l’architecture du Système.»
Si le fortuit (l’origine factuelle nullement décisif du phénomène) crée l’inéluctable (l’enchaînement décisif du phénomène), c’est qu’il y a quelque chose de fondamental, de propre à l’inéluctable, hors des logiques rationnelles des événements, et que la psychologie en est le véhicule. Cette explication, qui fait effectivement la part essentielle à l’évolution de la psychologie, – à sa rupture et à son collapsus par rapport à l’attitude réclamée par le Système, – ne fait que rendre plus pressante la question, ou plutôt les questions en une : pourquoi maintenant et à cause de quoi ? Nous en sommes réduits aux hypothèses et rien d’autre puisque nous pouvons nettement écarter la cause événementielle comme facteur fondamental et que le processus d’enchaînement est psychologique et nullement lié à des contraintes de situations. C’est là que nous estimons que nos hypothèses sur l’existence de forces supérieures, métahistoriques, qui se heurtent à la dynamique du Système pour l’affronter, qui font jouer leurs effets essentiellement par le biais des psychologies, ont toute leur place. La référence à une intuition haute, – notamment parce que cette intuition a toutes les raisons de choisir la psychologie comme véhicule de son inspiration, – comme inspiratrice de ces forces, et des événements que ces forces déclenchent, nous paraît tout à fait justifiée, alors que les appréciations rationnelles, éventuellement celles sur “le hasard et la nécessité”, se trouvent aujourd’hui en pleine débâcle en même temps que le Système avec lequel elles ont eu trop partie liée.