« Quant à la situation de l’humanité sur la planète, je pense comme comme tout le monde qu’il faudrait en arriver le plus rapidement possible à la croissance zéro,
pour parvenir à rétablir un équilibre à peu près satisfaisant, comme
celui des sociétés primitives qui vivaient dans un environnement
qu’elles ne gâtaient pas… Il faudrait comme le disait Lévi-Strauss,
« refroidir » notre humanité, la transformer à l’état de société froide.
Elle serait peut-être moins excitante qu’une société chaude, mais
enfin… J’ai fait cette remarque à beaucoup de gens: les économistes
semblent convaincus qu’il faut nécessairement qu’il y ait de l’expansion
en économie. Si elle est stationnaire ou qu’elle régresse, les choses
vont mal. J’ai l’impression que nos sociétés ont essayé de contourner le
problème en créant des biens fictifs et des productions fictives, mais
qui ont un prix et auxquels l’humanité tient. On développe donc une
production, mais avec des biens qui ont davantage un caractère psychique
ou affectif. »
René THOM, Prédire n’est pas expliquer, 1991
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