vendredi 11 février 2011

Big Bang ou pas Big Bang

Etat des lieux de la théorie du Big Bang, les grandes questions qu’il pose, et quelques propositions alternatives.
Je ne charge pas le texte avec les nombreuses références, obligatoires s’il s’agissait d’un article académique, pour ceux qui veulent aller plus loin on trouve énormément d’information sur Internet sur base de quelques mots clés.
L’origine
En 1931, Georges Lemaître, astronome et chanoine belge travaillant à l’Université Catholique de Louvain, publie sa théorie de l’atome primitif, plus connu depuis 1950 sous le nom de la théorie du Big Bang (nom donné par l’astronome Fred Hoyle lors d’une émission de la BBC, et qui est resté).
Cette théorie, qui dans sa forme moderne colle assez bien à la réalité observée, postule que l’univers a suivi le schéma suivant :
1) « Quelque chose » s’est passé, pour une cause inconnue (singularité ? Contraction d’un univers précédent ?), qui à duré le temps de Planck (10-43 secondes). On ne sait rien de cette ère de Planck car les lois physiques que nous connaissons ne s’appliquaient pas à ce moment-là, elles ne commencent à s’appliquer qu’après ce « mur de Planck ».
2) Création des particules élémentaires, avec formation de quantités quasi égales de matière et d’anti-matière (charge électrique opposée), qui s’annihilent, laissant un léger surplus de matière dite baryonique, c’est la baryogenèse.
3) Création des noyaux d’hydrogène, d’hélium et de lithium, c’est la nucléosynthèse primordiale.
4) Formation des atomes, environs 380 000 ans après le Big Bang, par recombinaison des électrons et des noyaux. L’univers devient alors suffisamment peu dense pour que la lumière puisse se propager.
5) Formation des premières étoiles et galaxies, moins d’un milliard d’années après le Big Bang
6) Expansion et refroidissement de l’univers pendant 13,7 milliards d’années, qui est aujourd’hui très peu dense (quelques atomes par mètre cube) et très froid (-270°C).
Ceci est le modèle standard de la cosmologie, bénéficiant d’un large consensus sur les concepts mais avec beaucoup de divergences sur les détails.
Néanmoins, pour qu’il fonctionne, ce modèle à impliqué la création d’un certain nombre de concepts assez surprenants, et il existe des scientifiques qui proposent soit des modifications de certaines étapes (notamment les conditions initiales) soit carrément une remise en cause de notions supposées acquises, telle que la réalité de l’expansion de l’univers.
Quelles sont les bizarreries inhérentes au modèle standard :
Inflation cosmique
Des problèmes inhérents au modèle Big Bang de base (problème de l’horizon, problème de la platitude, problème des monopôles, problème de la formation des grandes structures) ont été « résolus » par la mise au point en 1980 de la notion d’inflation cosmique, une inflation extrêmement importante (facteur de 10EXP26 à 10EXP1000000 ) de l’univers sur une période assez courte.
Ce postulat est nécessaire car sans lui l’univers observable, homogène et isotrope, serait en contradiction avec ce qui découlerait de l’état « naturel » de l’univers juste après le mur de Planck sans cette inflation. Voir ici pour plus de détails.
Matière sombre ou matière noire
La matière sombre serait une forme non-baryonique (donc n’interagissant pas avec la matière « normale »), n’émettant aucune lumière et donc indétectable par l’observation directe.
Le modèle du Big Bang avec l’inflation cosmique implique l’existence de matière sombre, car sans elle on ne peut expliquer la formation des galaxies, formation qui nécessite l’existence de zones un peu plus denses que d’autres (les « fluctuations primordiales »).
En effet le modèle d’expansion implique que la matière baryonique soit distribuée de manière homogène dans tout l’univers, donc elle ne peut être à l’origine de ces fluctuations.
Ce qui n’explique pas pourquoi la matière sombre serait, elle, distribuée de manière non homogène !
La matière sombre représenterait 22 à 27% de la densité totale de l’univers observable, alors que la matière « normale » ou baryonique ne représente que 4 à 5% de la densité totale !
Il existe deux formes de matière noire connue, mais leur masse est très nettement inférieure à ce que demande le modèle : les neutrinos (particules sans masse) et les trous noirs (objets célestes tellement denses que même la lumière ne peut leur échapper). Reste à trouver le reste.
Energie sombre ou énergie noire
L’énergie sombre est une énergie gravitationnelle négative (elle repousse au lieu d’attirer les masses entre elles). Totalement indétectable et issue des nécessité du modèle Big Bang avec inflation cosmique, cette énergie sombre composerait 65 à 75% de la densité de l’univers, autrement dit elle serait la composante majeure de l’univers…
Sans l’énergie sombre, cad sans cette forme de gravitation négative, l’accélération de l’expansion de l’univers telle qu’observée ne serait pas possible.
En l’état, ce modèle implique une croissance éternelle de l’univers, et semble rendre impossible la notion d’un univers qui se contracterait après expansion maximale, dans un jeu de yoyo Big Bang / Big Crunch.
Il existe des variations sur le thème de la nature de l’énergie sombre :
- Elle serait la constante cosmologique de la relativité générale, traduisant en fait l’énergie du vide quantique. Cette énergie serait stable, de densité égale partout dans l’univers.
- Elle serait une « énergie fantôme », dont la densité aurait la surprenante propriété d’augmenter avec l’expansion de l’univers. La finalité de l’univers serait ici la destruction de toutes les structures atomiques sous l’influence d’une de cette force associée à une densité infinie, autrement dit une singularité gravitationnelle.
- Elle serait un champ scalaire avec une équation d’état de type barotropique. Ca ne vous dit rien ? A moi non plus, mais on trouve ceci sur wikipédia.
Voilà brossé, à la grosse louche, le portrait du modèle cosmologique standard et de ses principales particularités.
Malgré le consensus, tout le monde n’est pas d’accord, heureusement, et voici quelques approches alternatives, ou partiellement alternatives :
La question de l’expansion de l’univers.
Le modèle Big Bang nécessite l’énergie sombre car l’univers est en expansion, et même en expansion accélérée. C’est le consensus, mais à quel point sommes-nous certain que l’univers est en expansion ?
Cette observation repose sur la notion de l’effet Doppler appliqué au mouvement des galaxies, effet qui dit qu’une galaxie en éloignement par rapport à l’observateur présente un décalage vers le rouge ou « red shift ». L’existence de ce red shift est considérée comme la preuve du modèle Big Bang.
Mais….et si c’était « just an illusion » ?
En effet, il est démontré que le red shift peut également être le résultat de l’attraction gravitationnelle : on voit bien une galaxie avec un red shift, mais la galaxie est stationnaire, le décalage vers le rouge est du à l’effet gravitationnel sur les photons qui nous viennent de la galaxie. Cette version (Voir ici pour une explication détaillée) soutient la théorie d’un univers statique, et permet de se séparer des notions d’énergie sombre, vu qu’il n’y a plus d’expansion.
Le modèle du red shift lié à l’expansion est également attaqué par l’astronome Halton Arp, qui propose que les galaxies ont un red shift intrinsèque, liés à la vitesse d’éjection des photons. Les implications des travaux de Arp sont profondes, mais les critiques véhémentes, je vous laisse le loisir d’aller plus loin.
L’univers ekpyrotique
Ce modèle, développé à partir de la théorie des cordes, se préoccupe des premiers instants de l’univers, du Big Bang proprement dit. Il accepte par contre la notion d’expansion de l’univers.
Selon ce modèle, l’univers est constitué de deux « plaques » ou « branes » de faible épaisseur mais sans limite sur les deux autres axes, reliées entre elles par une quatrième dimension. Cet univers serait cyclique, et un cycle débuterait par l’entrée en collision des ces deux branes, générant ainsi une grande énergie cinétique se traduisant par la création des particules élémentaires.
Pas besoin ici de singularité de départ, ni de mur de Planck, ni d’inflation cosmique, ni de matière sombre : c’est en quelque sorte une création par frottement, qui se reproduit chaque fois que l’univers se vide (de par son expansion). Le « frottement » est suffisamment homogène (sur toute la surface) pour que l’univers résultant soit homogène, mais les fluctuations quantiques (ripples) liées au frottement génèrent des fluctuations de températures qui permettent ensuite la formation de galaxies.
Notre univers visible est l’une des deux branes, l’autre nous étant parfaitement inaccessible étant donné que la lumière ne peut traverser l’espace (la quatrième dimensions) entre les deux branes.
Ce scénario est le fruit de recherches à Princeton University, plus d’information sur cet article.
L’Univers Electrique
Pour terminer, voyons rapidement une alternative généralement discréditée auprès des scientifiques classiques, le modèle de la cosmologie du plasma ou l’univers électrique.
A la base de ce modèle, l’observation que les principes électriques expliquent un certain nombre de phénomènes astronomiques bien mieux que les principes gravitationnels.
La gravitation n’est pas exclue du modèle électrique, mais elle n’est qu’une composante.
Selon cette théorie, l’univers peut être démontré comme étant constitué presque entièrement de plasma électriquement actif. La force électrique est de 39 ordres de grandeur plus grande que la pesanteur. Cela signifie mille milliard de milliard de milliard de milliards [10^39] de fois plus forte.
La cosmologie du plasma n’exige pas d’inventions mathématiques, telles que le Big Bang, la matière sombre, l’énergie sombre, et les trous noirs.
Il n’y a aucune île d’isolée dans l’espace. Toute la matière est reliée dans l’espace par les manifestations de la force électrique. La force électrique agit dans la matière à tous les niveaux, depuis les particules subatomiques jusqu’aux regroupements galactiques.
L’électricité est la force primaire qui organise la structure cosmique dans les cieux.
Cette théorie pourrait expliquer pourquoi la vitesse de rotation du soleil est différente à l’équateur et aux pôles, ou entre la surface et l’intérieur. Il expliquerait, entre autres, les queues des comètes en termes de plasma, et même la fine queue de Vénus détectée en 1997 par le satellite Soho.
Je ne suis pas compétent pour donner un avis sur la validité intrinsèque de cette approche, le fait qu’elle soit diabolisée par l’establishment serait pour moi plutôt un bon signe, mais c’est un avis personnel.
En guise de conclusion
Le modèle dominant, même s’il fonctionne plutôt bien, fait appel à des concepts parois étranges pour « caler » la théorie avec la réalité observée. Réalité qui peut être mise en doute, notamment au niveau de la supposée expansion de l’univers.
Des approches différentes, à base de théorie quantique voir de plasma électrique, tentent de simplifier le modèle et d’expliquer l’univers observé sans faire appel à des matières ou énergies sombres avec un arrière goût de sucre artificiel.

MASQUE CHIRAC


En 2002, au Gabon, un masque de Jacques Chirac fait son apparition au beau milieu d’une cérémonie du rite initiatique bwete. 





Ni caricature subversive, ni révérence servile, la représentation rituelle des Blancs permet de rejouer autrement la relation qu’on entretient avec eux. Ces figurations reposent en effet sur une série de dissimulations, d’inversions et de condensations : le grand homme blanc et l’ancêtre autochtone se répondent en miroir, chacun se révélant au principe du pouvoir de l’autre.

mardi 8 février 2011

PRÉ-VISIONNISTES


(…...)

"les prophètes sont légion dans nos sociétés modernes, démocratiques, fondées sur la science et la technique. L’expérience du temps du projet est facilitée, encouragée, organisée, voire imposée par maints traits de nos institutions. De partout, des voix plus ou moins autorisées se font entendre qui proclament ce que sera l’avenir plus ou moins proche : le trafic sur la route du lendemain, le résultat des élections prochaines, les taux d’inflation et de croissance de l’année qui vient, l’évolution des émissions de gaz à effet de serre, etc. Ces prophètes que nous appelons prévisionnistes savent fort bien, et nous avec eux, que cet avenir qu’ils nous annoncent comme s’il était inscrit dans les astres, c’est nous qui le faisons. 
Nous ne nous rebellons pas devant ce qui pourrait passer pour un scandale métaphysique (sauf, parfois, comme électeurs). 

C’est la cohérence de ce mode de coordination par rapport à l’avenir que je me suis employé à dégager. Le meilleur exemple que je connaisse de la prévision de l’avenir dans le temps du projet est celui de la planification française telle que l’avait conçue Pierre Massé et telle que Roger Guesnerie en synthétise l’esprit dans la formule fulgurante suivante : la planification, écrit-il, « visait à obtenir par la concertation et l’étude une image de l’avenir suffisamment optimiste pour être souhaitable et suffisamment crédible pour déclencher les actions qui engendreraient sa propre réalisation » [Guesnerie, 1996]. Cette formule ne peut trouver sens que dans la métaphysique du temps du projet, dont elle décrit parfaitement la boucle reliant le passé et l’avenir. La coordination s’y réalise sur une image de l’avenir capable d’assurer le bouclage entre une production causale de l’avenir et son anticipation auto-réalisatrice."

(….......) ( J.P Dupuy: Le temps , le paradoxe. )

Fragmento del interesante texto situacionista DE LA MISERIA EN EL MEDIO ESTUDIANTIL


Tras un largo periodo de sueño letárgico y de contra-revolución permanente, desde hace algunos años, se esboza un nuevo periodo de contestación del que la juventud parece ser la representante. Pero la sociedad del espectáculo, en la representación que se hace de sí misma y de sus enemigos, impone sus categorías ideológicas para la comprensión del mundo y de la historia. Domina todo lo que sucede en el orden natural de las cosas y encierra las verdaderas novedades que anuncian su superaciónen el marco estrecho de su ilusoria novedad. La rebelión de la juventud contra el modo de vida que se le impone, en realidad no es más que el signo precursor de una subversión más amplia que englobará al conjunto de los que experimentan, cada vez más, la imposibilidad de vivir el preludio de la próxima etapa revolucionaria. La ideología dominante y sus órganos cotidianos según mecanismos experimentados de inversión de la realidad, no pueden más que reducir este movimiento histórico real a una pseudo-categoría socio-natural: la Idea de la Juventud (que estaría en la esencia del rebelarse). De este modo, se somete una nueva juventud de la rebelión a la eterna rebelión de la juventud, renaciendo en cada generación para esfumarse cuando “el joven es ganado por la seriedad de la producción y por la actividad, de cara a fines concretos y verdaderos”. La “rebelión de los jóvenes” ha sido y es todavía objeto de una verdadera inflación periodística que crea el espectáculo de una “rebelión” posible que se da a contemplar para impedir que se la viva, la esfera aberrante -ya integrada- necesaria al funcionamiento del sistema social; esta rebelión contra la sociedad, paradójicamente la tranquiliza porque está considerada como parcial, en el apartheid de los “problemas” de la juventud -como hay problemas de la mujer o un problema negro- y no dura más que durante una parte de la vida. En realidad, si es que hay un problema de la “juventud” en la sociedad moderna es que la crisis profunda de esta sociedad es sentida con más acuidad por la juventud. Producto por excelencia de la sociedad moderna, ella misma es moderna, sea para integrarse sin reservas, sea para rechazarla radicalmente. Lo que debe sorprender, no es tanto que la juventud sea rebelde sino que los “adultos” sean tan resignados. Esto no tiene una explicación mitológico sino histórica: la generación precedente ha conocido todas las derrotas y consumido todas las mentiras del periodo de disgregación vergonzosa del movimiento revolucionario.
Considerada en sí misma, la “Juventud’ es ya un mito publicitario profundamente ligado al modo de producción capitalista, como expresión de su dinamismo. Esta ilusoria primacía de la juventud ha sido posible con la puesta en marcha de la economía, tras la Segunda Guerra Mundial, a consecuencia de la entrada en masa en el mercado de toda una categoría de consumidores más maleables, un rol que asegura una patente de integración a la sociedad del espectáculo. Pero la explicación dominante del mundo se encuentra de nuevo en contradicción con la realidad socio-económica (con retraso respecto a ella) y es justamente la juventud la primera en asegurar una irresistible pasión de vivir y de sublevarse espontáneamente contra el tedio cotidiano y el tiempo muerto que el viejo mundo continúa segregando a través de sus diferentes modernizaciones. La parte rebelada de la juventud expresa su rechazo sin una perspectiva de superación, es decir, su rechazo nihilista. Esta perspectiva se busca y se establece por todas partes del mundo. Le es preciso alcanzar la coherencia de la crítica teórica y la organización práctica de esta coherencia.

Limite interne, limite externe...Brejnev revival!

source : de defensa.org

Pour qui souffle le “perfect storm”

7 février 2011 — En un sens, la déclaration d’Hillary Clinton, samedi en Allemagne, à la conférence de laWehrkunde de Munich, revient à ceci : “Puisque nous n’avons rien vu venir, prévoyons désormais le pire…” La secrétaire d’Etat des USA a donc posé ce diagnostic, avec l’expression “perfect storm”, qui signifie que tous les éléments de la déstabilisation et de la déstructuration sont rassemblés pour un “moment” explosif, ou une “tempête parfaite” sur le Moyen-Orient, s’engouffrant dans la brèche égyptienne : «The region is being battered by a perfect storm of powerful trends. Leaders in the region may be able to hold back the tide for a little while, but not for long.»
Les commentateurs ont préféré en général s’étendre sur l’annonce par la secrétaire d’Etat que les USA soutiennent le vice-président Omar Suleiman dans son “effort” pour assurer la “transition” («It is important to support the transition process announced by the Egyptian government actually headed by now-vice president Omar Suleiman»). Pour nous, s’il y a quelque chose à retenir du discours, c’est bien l’analyse faite de ce “perfect storm” qui souffle sur la région du Moyen-Orient, qui implique que l’administration Obama est officiellement passée d’une absence d’analyse stratégique à une analyse stratégique extrêmement pessimiste.
Quelques détails sur cette intervention dans Huffington.post, le 5 février 2011w.
«A “perfect storm” of economic woes, repression and popular discontent could destabilize the Middle East, said Clinton, lending strong backing for Vice President Omar Suleiman's efforts. […]
»Clinton said support for Suleiman's efforts was essential despite the risks of short-term instability, as illustrated by reports of an alleged attack Saturday on an oil pipeline in the Sinai Peninsula. An Egyptian gas company official said the explosion and fire was caused by a gas leak; a regional official said earlier that sabotage was suspected.
»Such unsubstantiated reports bring “into sharp relief the challenges that we are facing as we navigate through this period,” Clinton said. “There are forces at work in any society and particularly one that is facing these kinds of challenges that will try to derail or overtake the process to pursue their own specific agenda,” she said. “It's important to support the transition process announced by the Egyptian government actually headed” by Suleiman.
»Her comments were a departure from the Obama administration's earlier stance that centered almost entirely on the need for the transition to begin immediately. “It takes time to think those through, to decide how one is going to proceed, who will emerge as leaders. The principles are very clear. The operational details are very challenging,” she said, stressing that the transition should happen as quickly as possible.»
Le même article rappelle que Clinton avait déjà commencé à développer cette idée d’un “perfect storm” dans son discours de Doha, au Qatar, la veille du départ de Tunisie de Ben Ali, après un mois de manifestations populaires dans les villes tunisiennes. «Clinton’s speech mirrored one she delivered last month in Qatar, when she warned regional leaders that the foundations of progress and development were “sinking into the sand” and would continue to do so unless those leader acted to meet the aspirations of their people, particularly youth populations.»
On notera que les Occidentaux n’ont pas nécessairement la même appréciation tactique sur l’évolution de la situation en Egypte. On le vit à Munich également, où Angela Merkel a défendu l’idée d’une politique différente vis-à-vis de Moubarak (dans le même sens que l’Italien Berlusconi, qui a parlé à Rome de la “sagesse” de Moubarak). Au contraire d’Hillary Clinton, Merkel veut se presser doucement et se garder de pousser Moubarak vers la sortie… Selon Aljazeera.net, le 5 février 2011: «However, Angela Merkel, the German chancellor and Silvio Berlusconi, the Italian prime minister, fear early elections in Egypt would not be helpful and say the immediate ousting of Hosni Mubarak, the president, could lead to a power vacuum…» D’un autre côté, les Britanniques (Cameron) sont partisans de la tactique d’urgence, type USA ; quant aux Français type-Sarko, ils pensent à autre chose. Tout cela suggère bien plus le jugement du désarroi que celui de la division chez les Occidentaux, même si la division existe. Littéralement, les Occidentaux ne savent que faire devant un événement qui bouleverse l’“ordre” auquel ils sont accoutumés, à la place duquel ils n’ont évidemment rien à proposer puisqu’ils n’imaginent pas une seconde qu’il faille le remplacer, derrière lequel ils sont accoutumés à se retrancher en espérant que la tempête (“perfect storm”) les épargnera...

Notre commentaire

C’est la première fois dans la séquence historique présente, disons depuis la fin de la Guerre froide et certainement depuis 9/11, où le bloc américaniste-occidentaliste a décidé de “démocratiser” le monde pour assurer l’hégémonie du Système inspiré par le libéralisme et le Pentagone, que la pression pour la “démocratisation” est présentée sur un mode défensif d’urgence, en catastrophe, et non plus sur un mode conquérant et offensif. Pour résumer, selon les termes d’Hillary Clinton : «This is not simply a matter of idealism; it is a strategic necessity.»
Il n’y a pas de ruse dans cette analyse, non plus que dans la position des USA et des autres pays du bloc américaniste-occidentaliste. L’inquiétude extrême, voire l’affolement, sont bien réels et expriment une stupéfaction sans bornes devant un mouvement dont l’évidence est pourtant la principale caractéristique. Mais nous l’avons dit, tous les stratèges, futurologues, experts et autres, annoncent la chose (la révolte populaire contre les soi disant “dictateurs” pourris du bloc occidentaliste-américaniste) depuis des années, sans qu’eux-mêmes ni ceux qu’ils conseillent, nos dirigeants politiques, n’y croient vraiment. C’est effectivement une question de croyance, encore plus que de conviction dont ils sont tous étrangement dépourvus. Il y a une sorte de processus psychologique, relevant du même caractère “étrange”, qui repousse subrepticement, sans vraiment le dire, comme l’on fait d’un sortilège, une analyse qui relève de l’évidence… Ainsi, ce processus psychologique qui partage le jugement en deux voies cloisonnées, et qui fait d’un Moubarak, selon les opportunités du jour et les exigences de nos vertus proclamées, tantôt un membre précieux de la lutte contre le terrorisme mondial, tantôt un vieux dictateur pourri et infâme.
L’évidence (“une analyse qui relève de l’évidence”), quelle évidence finalement ? Non pas celle de la chute de Moubarak, mais celle de notre crise générale. Il serait bien mal avisé de reprocher à tous ces dirigeants, nos dirigeants politiques, de n’avoir rien vu venir, – qui en Tunisie, qui en Egypte. C’est en général le reproche que leur font les journaleux de leur presse-pravda, ceux-là, type Grand Journal, qui posent aux vertueux capables de poser un regard critique sur les affaires du monde et interrogent sévèrement tel ou tel(le) ministre : “pourquoi n’avez-vous rien venir ?” (ou bien, variante vertueuse : “pourquoi étiez-vous ami de Moubarak/de Ben Ali ?”). Les journaleux oublient qu’ils n’ont eux-mêmes rien vu venir et qu’ils passaient leurs vacances somptueuses en Egypte/en Tunisie, sans un mot de trop contre Moubarak/Ben Ali, par ailleurs sanctifiés par leur appartenance au camp occidentaliste regroupé dans sa lutte contre “la terreur” (disons, l’Ennemi du jour). Ce n’est rien, puisque leur rôle n’est pas de penser ou de prévoir mais de figurer, dans la narrative, comme la voix de l’irresponsable accusateur qui fait croire que la vertu existe au royaume de la démocratie. Ce n’est pas drôle pour le ministre mais c’est nécessaire pour lanarrative du Système.
…En effet, s’il n’y a pas cela, toute cette narrative, cette vertu, etc., on découvrirait vite l’horrible vérité. Depuis 20 ou 30 ans, ils sont tous amis de Moubarak/Ben Ali, ils applaudissent leurs discours antiterroristes et la disposition de leurs geôles pour torturer (les terroristes, comme chacun sait) par délégation spéciale de la CIA, ils vont passer leurs vacances, etc.… (voir plus haut). Tout cela, simplement parce que Moubarak/Ben Ali, et les autres dont on craint et dont on attend à la fois la chute comme si l’on était fasciné inconsciemment par cette occurrence catastrophique qui relève de l’autodestruction, – tous, en un mot, font partie du Système. Par conséquent, on n’a pas trop fustigé les “dictateurs” pendant 20, 30 ans, et l’on n’a rien vu venir de leur chute, parce que les “dictateurs” font partie du Système et qu’on se refuse à envisager vraiment, bien qu’on le craigne à chaque instant, que la Chute a commencé.
Et puis la chose a lieu, et l’on découvre que dictateur pourri et ami du Système ne font qu’un, que tout le monde fait partie du Système, et Hillary clame soudain, sur un ton dramatique : «…a perfect storm of powerful trends». Donc, quelque chose a changé. De quoi s’agit-il ? interroge-t-on aussitôt ; et l’on répondra qu’il ne s’agit de rien d’autre que de la furieuse irruption de la réalité, avec l’inquiétude extrême, jusqu’à la panique qui s’ensuit. Car la question se pose aussitôt : la chute de Moubarak/ben Ali, est-ce la chute d’un dictateur pourri ou est-ce la chute d’un féal de l’Empire, d’un fidèle du Système ?… La chose est entendue.
Le vacillement de l’Egypte n’est pas un problème pour le Moyen-Orient, ni pour les intérêts stratégiques de qui l’on sait, ni pour la démocratie, ou bien cela ne l’est que fort accessoirement ; c’est d’abord et essentiellement un problème pour le Système lui-même, pour son équilibre interne, pour sa propre psychologie, par la perception qu’il a ou qu’il n’a plus tout à fait de pouvoir garder le contrôle de ses propres forces et de ses influences. Dans ce cas, compte moins la situation réelle que la perception qu’on en a, et cette perception dépendante essentiellement de sa propre fragilité psychologique. A partir de cela, il ne nous apparaîtrait guère étonnant que soit rencontrée l’hypothèse que le “perfect storm” menace en réalité le Système lui-même, au delà de l’Egypte et bien plus que l’Egypte.
Il s’agit donc d’un problème intérieur…

Comme l’URSS en 1989

En effet, il s’agit d’un problème intérieur, essentiellement aux USA, à Washington, à la puissance américaniste qui est le cœur grondant du bloc américaniste-occidentaliste. L’Egypte fait partie de “l’Empire”, – ainsi nous dit la narrative américaniste. Peu importe que “l’Empire” brinqueballe de tous les côtés et ressemble à une vieille usine à gaz rouillée, la psychologie de l’establishment reste conformée à cette vision et fidèle à la narrative virtualiste par conséquent. Les soubresauts de l’Egypte sont donc autant de hoquets vécus comme des agressions d’un sort funeste… Pire encore, voilà qu’on ne s’entend guère, à Washington, pour déterminer dans quel sens vont ces agressions et en quoi ce sort est funeste.
La crise égyptienne survient à un bien mauvais moment pour Washington, du point de vue de l’état de l’esprit. On sait que le nouveau Congrès a introduit, par le biais de quelques nouveaux élus type Tea Party, des germes d’une réflexion révolutionnaire due aux formidables contraintes du déficit budgétaire. L’un des postes budgétaires les plus délicats dans les discussions qui s’ébauchent pour la recherche d’une réduction du déficit est le budget de l’aide à l’étranger. Il y a même eu une langue sacrilège (celle de Rand Paul) pour évoquer la possibilité de mettre en cause l’aide à Israël. D’autre part, l’Egypte est également, nécessairement, dans le flot tumultueux de cette sorte de réflexion, puisqu’elle bénéficie de la deuxième aide (en volume, avec $1,5 milliard/an) après Israël. Voilà l’arrière-plan purement washingtonien, on veut dire par rapport à la situation intérieure, de la crise égyptienne.
A ces remous s’ajoutent ceux qui secouent le “parti de la guerre”, d’habitude uni dans son maximalisme pour le maintien de “l’Empire” en l’état et sans rien changer. La querelle interne aux neocons n’est pas anecdotique ni indifférente ; au contraire, elle porte sur des points de principe absolument fondamentaux, comme on l’a vu. Elle conduit également à cette situation extraordinaire où l’on voit les plus ardents partisans traditionnels d’Israël (Kristoll, Abrams, etc.) prendre position contre la position d’Israël, au nom de la “démocratisation” universelle qui passerait dans ce cas par l’élimination de Moubarak, lequel Moubarak est défendu becs et ongles par Israël. Même si elle est de nature complètement différente de la question du déficit budgétaire (les neocons sont évidemment partisans de l’aide à l’étranger, qui est un des outils principaux de l’influence US, et jugent sacro-sainte l’aide à Israël), la querelle n’apparaît pas moins comme un autre sérieux ferment de division au cœur de l’establishmentwashingtonien, ferment particulièrement actif puisqu’il est suscité par une crise elle-même en pleine activité. Ainsi l’establishment n’a-t-il jamais été aussi divisé sur les mesures à prendre et sur la politique à suivre, notamment sous la poussée de ses extrêmes, alors que la crise égyptienne demanderait au contraire une union sans faille face au danger qu’implique ce foyer de désordre au cœur du dispositif impérial.
...Ainsi le “perfect storm” évoqué par Hillary Clinton serait-il aussi bien menaçant pour Washington même que pour les pays du Moyen-Orient. Il y a, dans la dramatisation impliquée par ce jugement de la secrétaire d’Etat, autant que dans la pression déployée par l’administration Obama pour une solution rapide de la crise, une crainte sourde que cette crise ne mette à vif les diverses divisions et axes d’affrontement que l’on a vu ci-dessus. Autant la direction américaniste n’a pas particulièrement prêté attention à la préparation de la tempête, autant la voit-elle aujourd’hui, comme un spectre menaçant, se déchaîner partout parce qu’elle risque par dessus tout de souffler jusqu’à Washington.
Il faut admettre deux choses : la première est que la politique “impériale” de Washington n’a jamais été réellement et sérieusement discutée au sein de l’establishment, notamment parce que ses orientations et ses moyens n’ont jamais été mis en cause. La seconde est que la réalité de la crise structurelle intérieure US n’a jamais non plus été abordée, parce qu’elle ne peut l’être que si la politique extérieure d’expansionnisme et de militarisme est elle-même mise en cause. L’on comprend que la crise égyptienne, qui apparaît alors comme une “crise extérieure” concernant la situation “intérieure” du Système, constitue une menace contre ces deux verrous qui tiennent cadenassée et prisonnière la possibilité d’une considération objective des conceptions américanistes et des crises que suscitent ces conceptions. Ainsi la crise égyptienne, qui est la crise d’un membre éminent du Système, est-elle aussi, indirectement, une possibilité très sérieuse qu’apparaisse au grand jour la crise du Système, au cœur du Système.
Nous ferions volontiers l’hypothèse, effectivement, que c’est cette idée qu’on trouve, sous-jacente, dans l’observation angoissée d’Hillary Clinton à propos du “perfect storm”. La question générale que soulève la crise égyptienne est celle de la validité de la politique expansionniste de sécurité nationale des USA, suscitée et appuyée par le Système ; la question générale que soulève l’interrogation sur la validité de la politique expansionniste de sécurité nationale des USA, suscitée et appuyée par le Système, c’est celle de la validité du Système lui-même.
Ainsi l’analogie vient-elle sous la plume, comme naturellement, avec une grâce souveraine (celle del'Histoire, pardi), lorsqu’elle décrit l’attitude des USA vis-à-vis de la crise égyptienne… «The US is in much the same situation today as the Soviet Union was in 1989, as a series of socialist dominoes toppled. Poland, Romania, Hungary, East Germany, Bulgaria, and Czechoslovakia all experienced dramatic meltdowns, while the Soviet regime, supportive of these systems since the end of the Second World War, sat by helplessly and watched. Leaders made vague statements about the need for peaceful transitions and elections, while the people on the ground completely ignored them.» (Selon Llewellyn H. Rockwell, sur Aljazeera.net, le 6 février 2011)

mercredi 2 février 2011

Carnaval partout : Premier appel de Montpellier...

Photobucket

ACHEVONS CARNAVAL !!

Premier appel de Montpellier pour que 100, 1000, un million de Carnavals des Gueux illuminent les villes partout…

Parce que si on sort de nos cages ce n’est pas pour se mettre en boite.

Parce que c’est dans l’interdiction de ce type de rassemblements joyeux, masqués, sauvages,
pour ne pas dire barbares ; que notre joie se partage le mieux, qu’elle devient une arme.

Parce que c’est la guerre mec, et que la guerre c’est sociale et dégueux t’as vu !

Parce qu’il nous faut de nouvelles fêtes sans organisateur-consommateur, sans l’argent et son
monde de merde, sans contrôle de flics ou de papiers…

Parce que pour que ces nouvelles fêtes nécessaires soient possibles, il s’agit de chasser ceux qui nous surveillent ou nous chassent des rues, places et de nos squats. Il faut que l’organisation se communise (où l’on apprend que faire des affiches, un char en liant des caddies, un bar gratuit en volant des bouteilles, des masques en plâtres est possible par tous,…).

Parce que comme ça tu peux jeter ton sweat noir de skateur pour des tenues trash et paillettes bien plus funky et ça c’est cool, non ?

Parce que c’est un test pour se déresponsabiliser mutuellement : il y a pas de coupable, il y a pas de lois, il n’y a pas de fautes…

Parce que c’est un sabotage de la routine quotidienne où l’ennui rime avec temps «libre» et le travail avec prison.

Parce que le lendemain du Carnaval t’as pas envie d’aller au turbin ou en cours, mais plutôt de rester au lit avec ton-ta-tes ami-e-s.

Parce que cette ivresse publique qui se manifeste est une émotion, un souffre partagés.

Parce que le Carnaval des Gueux de Montpellier a 15 ans et qu’il ne doit être ni une crotte de nez institutionnelle (fuck Karakwella : assoc caribéenne utilisée par la Mairie pour récupérer ce qu’elle ne comprend toujours pas, et aussi nique les Zones Artistiques Temporaires de cette enflure de M. Delafosse). Parce que Carnaval ne doit pas être une simple curiosité locale mais se généraliser partout (dédicace aux Tunisiens, Égyptiens, etc… qui ont commencé avant nous…).

Parce que si dans les Cévennes on trouve des châtaignes, qu’ailleurs on trouve la castagne (occitan rules) !

ACHEVONS CARNAVAL !!

Le comité des fêtes invisible… 
Indymedia Nantes, 1er février 2011.


mardi 1 février 2011

ARTAUD - RECENSION


 
Instructions pour une prise d’âmes
Artaud et l’envoûtement occidental
Par Frédéric Neyrat
(La Phocide, 2009)

« Le monde de la terre actuelle est mené par des séries d’envoûtements concertés et calculés » nous dit Antonin Artaud. Quelle signification autre que délirante accorder à une telle déclaration ? L’hypothèse qui gouverne ce livre est la suivante : la folie d’Artaud est entrée en conjonction - en résonance - avec le déni occidental. Sa folie s’exprime là où l’« Occident » a toujours refusé de s’exprimer sur lui-même - à moins qu’il n’en ait jamais été capable. L’envoûtement est un nom qui vient à la place de l’impensé occidental. L’impensé colonial. L’impensé du rapport entre Dieu, la techno-science et le capitalisme. L’impensé qui empêche de vivre et donne faim. L’impensé du corps auquel on fabrique une âme. On dira pourtant que l’on sait pertinemment aujourd’hui ce que sont le colonialisme et le post-colonialisme, le monothéisme, la Big Science et le capitalisme. Mais si l’on sait, nous dit Artaud, alors c’est pire. C’est qu’on ne veut vraiment rien changer et qu’on se veut du mal. L’impensé serait-il ce que nous savons le plus ? Plutôt bizarre... Serions-nous envoûtés ? 

Site de l’éditeur :
http://www.phocide.fr/