dimanche 1 janvier 2012

Situation de Transhumance (explore extinction highways)

La dissonance  interne au système le déchire de toute part et ne peut-être camouflé que par l'engourdissement sensible ou la fatuité morbide. 
Symptômes qui ne font rien à l'affaire. 
Ce qui camoufle étouffe.
Cette agonie au long cours que l'on appelle crise 
arrive à la phase aigüe de son évolution, l'effondrement. 
Le conflit ne peut plus être tu, 
la carapace de l'enfermement va sauter.

"Groucho, isn't it?"

*

« Aucune société ne peut vivre sans se donner une représentation d'elle-même. Cette représentation fait partie des significations imaginaires sociales corrélatives à son institution. Or, contrairement à toutes les sociétés précédentes, la société capitaliste ne se donne pas d'elle-même une représentation mythique ou religieuse ; elle veut s'en donner une représentation rationaliste qui soit en même temps sa « justification ». L'idéologie capitaliste est rationaliste : elle invoque le savoir, la compétence, la scientificité, etc. Le pseudo-«rationel» est la pièce centrale de l'imaginaire de cette société. Et cela vaut aussi pour l'idéologie marxiste, devenue religion laïque d'État. Je dis bien rationaliste et non pas rationnelle. Elle prétend à une rationalité vide et suspendue dans l'air, et que toute sa réalité contredit. Dans aucune autre société on ne constate cette antinomie entre le système de représentation que la société se donne d'elle-même, et sa réalité effective. La réalité d'une société archaïque, esclavagiste, ou féodale, est conforme à son système de représentations d'elle-même. Mais la société moderne vit sur un système de représentations qui pose la rationalité comme à la fois la fin et le moyen universel de la vie sociale — et qui est démenti par chacun de ses actes. Elle prétend être rationnelle — et produit massivement ce qui est irrationalité de son point de vue même. »

Cornélius CASTORIADIS,
("Une société à la dérive", 1977)

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